15/11/2023
Supersonic,
Paris
Rendez-vous « off » du « Post In Paris », festival s’annonçant comme dédié au post-rock, cette date de mi-novembre permettait de démontrer toute la polysémie qu’on peut trouver derrière cette appellation. Avec des quasi-métalleux norvégiens pour finir, et un collectif parisien oscillant entre rock instrumental et performance pour ouvrir, la soirée opérait déjà un petit écart, confirmé par la présence, en cœur de plateau par le duo slowcore toulousain Docks, familier de nos pages.
Accompagnés d’une bonne palanquée d’amis et de curieux, fournissant un large public, Lorsque les Volcans Dorment donnèrent le premier concert de cette formation, présentée comme féministe et tournée vers la défense des minorités de genre. Guitares, basse et clavier servaient de base à des compositions sur lesquelles des intervenants posèrent des textes lus, entre divagation queer, narration crue du quotidien et cri de rage. Rejointe par des adjuvants un peu plus divers (violon électrique, trompette), l’instrumentation pouvait, alors, perdre un peu de l’épaisseur qui risquait de la caractériser. Largement salués par une assistance qu’on imaginait un peu conquise d’avance, les morceaux se trouvaient étirés afin de laisser une place sensiblement équivalente aux textes et à la musique. Si son emphase d’ensemble pouvait constituer une certaine limite, ce collectif mérite possiblement d’être revu et, pour une première prestation scénique, livra quelque chose de nullement déshonorant.
Bien moins outillés que leurs prédécesseurs, les Toulousains de Docks enchaînèrent, face à un public moins concentré, pour une grosse demi-heure d’un concert constitué, pour une moitié, de titres inédits, témoignant d’une orientation un peu plus atmosphérique, à l’image de Lilas (leur dernier morceau enregistré en date, et le premier morceau du set) ou de 393. Globalement, et alors que le schéma (deux guitares électriques, des pédales et des boîtes à rythmes) était le même, le duo nous parut développer moins de mélodies identifiables et moins de rythmiques soutenues, hormis Yassir et Cardinale Nord (titres parus sur des formats physiques en 2019 et 2020).
Ce choix stylistique trouva un pertinent relais avec Rococo, reprise de The Cocteau Twins (formation qu’on pouvait, effectivement, associer à Docks), mais dont la fin sembla insuffisamment aboutie avec un fade out trop rapide. Toujours aussi complices, Daniel Selig et Manon Raupp pouvaient alterner, avec leurs six-cordes et au sein du même morceau, les parties solistes et les parties rythmiques. Si la jeune femme appuya un peu trop sa distorsion sur Yassir, elle était également capable, pendant le pont de cette même piste, de livrer quelques harmoniques plus légères. Cet entre-deux résuma assez bien notre sentiment à l’égard de cette prestation, inférieure aux précédentes apparitions d’un duo qui reste, néanmoins, attachant.
le 20/11/2023