(n5MD / Import)
06/10/2023
Electronique

L’intitulé de ce nouvel album d’Ocoeur annonce possiblement un peu trop le programme, avec cette volonté de commencer quelque chose de neuf, de partir sur un chemin autre et d’offrir à l’auditeur une autre coloration. Avec de telles intentions, ce dernier ne sera pas surpris de se trouver face à une grosse demi-heure quasi-arythmique, centrée sur des nappes et des incursions d’instruments (cordes, clavier, Glockenspiel) venus tracer quelques lignes mélodiques dans une atmosphère ambient.
Les qualités électroniques du Français n’ont toutefois pas complément disparues puisqu’une piste comme L’Éveil peut accueillir rythmiques et grésillements saturés, dans une veine assez agréable. Et, surtout, le caudal Guérison déploie une large palette, sur plus de huit minutes, avec des instruments plutôt légers au début (flûte, guitare) avant que leurs partitions ne soient électroniquement mises en boucle et rehaussées d’autres lignes similaires, dans une forme entre tourbillonnement et retour à une certaine sérénité.
Néanmoins, au global, les résolutions exposées précédemment apparaissent de manière trop ostensible, à l’image de ces intitulés sursignifiants, aux contenus évidemment très en adéquation (les rythmiques qui interviennent pour la première fois sur L’Éveil, Traversée qui parcourt plusieurs registres musicaux, Guérison positionné en fin de disque, etc…). Même sensation à l’égard de la note d’intention et la référence à la « pleine conscience », attitude et mécanisme de pensée sur lesquels Franck Zaragoza se concentre depuis quelques années, donnant l’impression d’une approche « new age » au mieux dépassée, au pire factice, et invitant même à une relecture du disque à cette aune ; relecture pas forcément favorable à celui-ci nonobstant des atouts indéniables.
le 02/01/2024