(Other Power / Import)
13/10/2023
Electronique

Ambient / Islaja / Other Power
Au sortir de S U U, publié début 2014, on n’était pas certain de vouloir se pencher à nouveau sur le parcours d’Islaja, tellement cet album avait semblé pauvre, faible et kitsch. Logiquement, on n’avait pas fait l’effort de s’arrêter sur le disque suivant de la Finlandaise, puis, une petite dizaine d’années plus tard, l’annonce d’un nouveau long-format, en partie produit par Erik K. Skodvin, avec la présence de Midori Hirano au piano, et publié sur un nouveau label d’Helsinki (Other Power) pour lequel il s’agit de la première référence, avait suffi à aviver l’attention. Cette attention se trouve raffermie quand on apprend que la jeune femme a souhaité réaliser cet album « contre » ses travaux précédents, délaissant le format chanson pour quelque chose de plus vaporeux, comptant de nombreuses vocalises et agencements un peu troubles (notes éparses de piano, souffles, bruits de pas, violon en petit trémolo, cordes de harpe).
L’esthétique d’ensemble du disque (dès sa pochette, façon cyanotype noir et blanc) fait ainsi le choix d’une sorte d’étrangeté spectrale, dont témoignent la voix éthérée de Merja Kokkonen et l’instrumentarium tremblotant présent tout au long de cette grosse demi-heure. Au sein d’un même titre, la Finlandaise sait également passer de ce registre à quelque chose de plus solide, avec un piano bien ancré et dépouillé de tout arrière-plan (la fin du morceau-titre).
Il en ressort une fragilité certaine, toutefois combinée à une maîtrise d’ensemble du propos, qui révèle une personnalité complexe, en tout cas plus intéressante que celle qui se fourvoyait dans une électro-pop new-wave. Si le risque d’une forme trop éthérée peut poindre, le dernier morceau du disque vient apporter davantage de consistance et de corps, avec un refrain repris en boucle, dans un chant plus assuré (Teresa’s Song).
le 04/01/2024