(Kranky / Modulor)
13/10/2023
Electronique

Alors qu’il s’agit de son troisième album sur Kranky, c’est seulement maintenant que ces pages rendent compte du travail de Justin Walter, musicien du Michigan attaché à un instrument particulier : l’EVI (Electronic Valve Instrument), un outil permettant, via un contrôleur MIDI, de singer le son de la trompette ou d’autres composantes d’une fanfare. Mais, de toute façon, l’Étatsunien n’a pas forcément besoin de cet artifice car il joue lui-même de l’orgue et de la trompette (ce qui donne de belles envolées comme celles de New Pads). Il n’empêche, cela permet de combiner plusieurs sonorités et plusieurs univers, comme de croiser une atmosphère propre à l’introspection (Transitions et ses relents de méditation spirituelle ou le plus élégiaque 1002) avec des plages bénéficiant d’une dimension rythmique.
Plus encore, son EVI peut apporter quelques saturations, façon traits de guitare électrique, en même temps qu’il séquence, par sa structure répétitive, l’arrière-plan (le morceau-titre ou Cliff The Cloud Catcher). Plutôt bienvenus, ces titres favorisent une régénération d’une écoute qui pourrait, sans cela, friser une certaine monotonie (ou berceuse, c’est selon), à la faveur de ses développements entre ambient et expérimental, parcourus de notes mélodieuses, mais manquant possiblement de corps. On est content, alors, au-delà des morceaux précités, d’entendre presque les doigts de Justin Walter intervenir sur son EVI sur Inner Voices, confirmant l’âme qui s’échappe de ce beau disque.
le 10/01/2024