Slowdive

 date du concert

17/01/2024

 salle

Cigale,
Paris

 tags

Cigale / Slowdive

 liens

Cigale
Slowdive

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Il y a un peu moins de dix ans, on voyait (enfin) Slowdive en concert, permettant de constater, sur scène, l’importance de ce groupe. Depuis, les Anglais ont fait paraître deux albums, dont le dernier en date (everything is alive), publié début septembre, avait eu les larges honneurs de la presse musicale et se distinguait par une certaine inflexion « pop » (morceaux plus directs, refrains et mélodies identifiables, basse et batterie structurantes dans un tempo soutenu). Pour défendre ce disque, et au milieu d’une grande tournée européenne, la formation s’arrêtait à la Cigale, pour une date dont les places se vendirent en deux heures, ayant trouvé acquéreurs auprès d’un public mélangé (quadras et quinquas qui ont écouté le groupe lors de la sortie de leurs premiers disques, et jeunes gens l’ayant découvert à la faveur des plus récentes sorties).

Accompagnant les Britanniques sur toute cette tournée, Pale Blue Eyes livra une demi-heure entre indie-pop et shoegaze, dans un tempo entraînant, avec un bassiste très présent et plutôt agile. Avec une batteuse et deux guitaristes (dont un assurant aussi le chant, sa voix teintée d’un peu de réverbération) en complément, la formation anglaise fournit une bonne entrée en matière avant Slowdive, dans un registre cohérent, bien que leurs mélodies ne fussent possiblement pas suffisamment marquantes.

Pale Blue Eyes

Massé dans la fosse et les gradins, le public salua, juste après 21h, l’entrée des musiciens de Slowdive, alignés en front de scène (hormis Simon Scott, assis derrière sa batterie en arrière-plan) et qui firent le choix de débuter, comme sur everything is alive, par shanty, opérant morceau, marqué par un jeu de basse de Nick Chaplin dans les aigus, mais joué de manière plus étirée et moins immédiate. Présente au clavier au début, Rachel Goswell (vêtue d’une robe et d’une cape noire, avec une coiffure et des chaussures bicolores - un côté blanc, un côté noir -) passa à la guitare pour Catch The Breeze, pendant lequel des cercles concentriques étaient projetés en fond de scène, relais des toiles d’araignées numériques diffusées précédemment.

À ce sujet, alors que morceaux intemporels (Souvlaki Space Station, Avalyn) et nouveaux titres (le super-efficace kisses, chained to the cloud, joué pour la deuxième fois seulement en concert, skin in the game, joué pour la première fois) s’enchaînaient, on eut l’impression d’une certaine redite graphique, d’un abus de visuels géométrico-kaléidoscopiques et de simili-stroboscopes. Musicalement, pour autant, la variété était davantage au rendez-vous, entre pistes lancées par une mélodie de synthé caractéristique (shanty, chained to the cloud) et propositions plus vaporeuses tenues par la basse (Avalyn) ou la guitare d’un Neil Halstead à la barbe très fournie et posté côté cour.

Slowdive

Parvenus au dernier tiers de leur set, les Anglais offrirent un impeccable enchaînement Alison / When The Sun Hits, faisant se succéder un premier titre relativement rapide (possiblement l’un de nos préférés du groupe) et un second incluant de mini-breaks plus dépouillés, permettant de laisser la six-cordes d’Halstead claire et lisible. Comme il y a dix ans, le Golden Hair de Syd Barrett fut repris sur scène, chanté par Rachel Goswell d’une voix moins détimbrée que pour le reste du concert, mais qui, une fois son office réalisé, se retira en coulisses pour laisser ses quatre compagnons libres de proposer un mur instrumental, chargé de clôturer la partie principale de la prestation.

Invité à interpréter des pistes supplémentaires par les spectateurs, Slowdive revint pour un rappel qui sonna comme une synthèse parfaite de cette heure et demie de concert : Dagger (au format assez voisin de When The Sun Hits avec chant d’Halstead et Goswell sur la guitare grattée du premier, pendant que résonnaient quelques notes de basse et des interventions égrenées et aériennes de Christian Savill à la seconde guitare), the slab (morceau du dernier album en date, engageant et commandé par un synthé) et 40 Days (un classique, où Rachel Goswell passa au sistre).

François Bousquet
le 24/01/2024

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