(Lost Tribe Sound / Import)
03/11/2023
Electronique

Il est parfois (trop) facile de s’appuyer sur le visuel d’un disque pour en tirer une leçon quant à son contenu. Pour Skyphone, il faut, toutefois, constater que, depuis trois albums que le groupe choisit Martin Sønderlev Christensen pour réaliser ses pochettes, le propos s’est enrichi, densifié et éloigné de l’electronica délicate et minimale de ses débuts. Dans la lignée un peu fantasmagorique des compositions visuelles, le trio danois développe, ainsi, des instrumentaux davantage orchestrés, croisant électronique, folk et jazz, dans un ensemble qui peut manquer, néanmoins, d’une véritable ligne directrice.
Plutôt sombre et légèrement triste, l’atmosphère générale se trouve éclaircie par quelques instruments à vent (The Spines) ou par une ligne d’une guitare jouée en finger-picking (Verneånd). Mais le caractère lancinant des séquences mélodiques (mesures de piano, boucles synthétiques, chant dans le caudal Will To Change) reprend régulièrement le dessus, parfois habilement mises en contrepoint de percussions (acoustiques ou électroniques) (The Spiral Itself). Au reste, c’est lorsque ces rythmiques prennent de l’ampleur, croisant les accords de synthés et les petites incursions chromatiques, que Thomas Holst, Keld Dam Schmidt et Mads Bødker se font les plus convaincants et plus pertinents que lorsqu’ils superposent des instruments sans donner l’impression de savoir vraiment où aller (Arbonought).
le 08/02/2024