(Ghostly International / Modulor)
15/09/2023
Electronique

N’ayant pas écouté de nouveaux disques de Lusine depuis une quinzaine d’années, et notre recension (mitigée) d’A Certain Distance, c’est sans trop d’attente que nous nous penchons sur Long Light qui, à l’instar de l’album de 2009, convie des voix, principalement féminines. Au reste, c’est avec le chant de Villa Larjosto, déjà présente à l’époque, que l’album s’ouvre, relayée sur le deuxième titre par Sarah Jaffe, pour un doublé assez entraînant, et faisant principalement le choix de bribes vocales mises en boucle ou triturées et travaillées.
Cette option s’avère plutôt pertinente, sur chant féminin (Double Take, qui clôt l’album) ou masculin (Benoît Pioulard opérant sur le morceau-titre), résonnant habilement avec les compositions de Jeff McIlwain, ses fragmentations sonores, ses rythmiques faites de conjonctions de beats sourds et de mini-tapotements, et ses petites mélodies. À rebours, quand Asya Saavedra chante la même phrase de manière répétée (Dreaming), le risque décoratif n’est pas complètement écarté, d’autant plus que l’ambiance musicale verse dans un downtempo peu singulier. De même, quand l’Étatsunien opère lui-même au chant, cet écueil identique se trouve tout proche (Home).
À côté de ces morceaux chantés, Lusine confirme son savoir-faire en matière instrumentale, avec des propositions aux rythmiques franches et à l’atmosphère accrocheuse (Transonic, Cut And Cover), bienvenues après des séquences chantées qui pouvaient avoir tendance à se ressembler. Plus encore, il sait intégrer une mesure répétée d’instrument à vent, couplée à des bruits d’eau et autres samples du quotidien, pour un ensemble à la fois onirique et très personnel (Rafters).
le 12/02/2024