(False Walls / Import)
10/11/2023
Rock

A Porthole (I), publié au printemps 2019, pouvait laisser imaginer un second volet assez proche mais les confinements comme, possiblement, le décès de Guillaume Wickel (clarinettiste du groupe) en ont décidé autrement. C’est donc un album « traditionnel » que publie Astrïd, groupe endeuillé, qui dédicace le disque à leur membre disparu en 2022, dont la présence irradie encore quelques titres, avec son jeu profond et subtil. Musicalement, le quatuor poursuit dans sa veine entre post-rock et musique de chambre (l’intitulé du long-format est, d’ailleurs, à cet égard, assez honnête et lucide), avec cinq longs morceaux (entre quatre et dix minutes), qui leur permettent de déployer leurs instrumentaux avec maîtrise.
Après avoir mis en place des mesures chargées du thème principal, les Français laissent souvent place aux différents instruments (le violon de Vanina Andréani à la fin de Talking People ou les accords pincés de guitare de Cyril Secq sur At The End et Sky Morning, par exemple). L’objectif est d’offrir un écrin suffisamment ourlé pour bien distinguer ces interventions, et capter les subtilités offertes par cet instrumentarium, mais aussi de permettre des passages proches de la divagation improvisée (les volutes de six-cordes électrique de Not All Is Visible).
Dans ces ensembles embués et réconfortants, il manque, cependant, peut-être un peu de corps, de basse ou de batterie (même si Yvan Ros s’occupe des fûts, cymbales et percussions), qui viendraient un peu secouer, ou simplement régénérer, les compositions du groupe. Mais il est probablement trop tôt pour demander à Astrïd de se comporter ainsi : la formation avait besoin de faire son deuil, de conforter ses acquis et de creuser son trou.
le 13/02/2024