Niecy Blues

Exit Simulation

(Kranky / Modulor)

 date de sortie

10/11/2023

 genre

Electronique

 style

Ambient / Downtempo

 appréciation

 tags

Ambient / Downtempo / Kranky / Niecy Blues

 liens

Kranky
Modulor

 autres disques récents
Michiko Ogawa
Pancake Moon
(Futura Resistenza)
Anushka Chkheidze + Robert Lippok
Uncontrollable Thoughts
(Morr Music)
Ivar Grydeland
Bøyning, Brytning
(Sofa)
Jessica Moss
Unfolding
(Constellation)

Pour conclure 2023 de manière moins ambient et expérimentale que les disques de Loscil & Lawrence English, Tim Hecker, Saloli ou Justin Walter, Kranky propose un pas de côté avec le premier album de Niecy Blues, chanteuse opérant dans un registre entre soul, ambient et touche r’n’b. Peu commune sur ce label, une telle orientation peut, toutefois, être rapprochée de celle suivie par d’autres jeunes femmes signées sur la structure de Chicago, qui continue de démontrer son ouverture d’esprit, et permet également de créer des connexions (Brian Foote, de Fontanelle et Nudge, intervient, ici, sur un titre, comme producteur).

Avec sa pochette embuée, représentant la silhouette dédoublée de Niecy Blues dans des tonalités bleutées et quelques volutes de fumée, Exit Simulation laissait bien imaginer qu’on se situerait dans une veine nonchalante, un peu langoureuse, voire voluptueuse, toutefois teintée d’une certaine étrangeté. Agissant par vocalises ou par chant plus direct, la Carolinienne du Sud offre une quarantaine de minutes prenante, presqu’envoûtante, emporté par un timbre posé sur des instrumentations convoquant basse, guitare, batterie ou flûte, mais aussi des pulsations électroniques claires, proches du roulement, livrées par T. Morris Wilson sur The Architect.

Si l’aspect très alangui du propos, conjugué aux rythmiques downtempo, peut parfois conduire à des facilités (à l’image de U Care, quasiment décoratif dans son début, ou des vocalises d’Exits), la capacité de la musicienne à moduler son chant, en contrepoint de la basse de Khari Lucas, beaucoup plus régulière, ou des quelques cordes de harpe de Mary Lattimore, apporte une coloration singulière et très personnelle. Cette singularité s’illustre également par l’introduction, à la fin des six minutes de ce U Care, d’un extrait gospel soutenu par une batterie très marquée, comme pour rappeler l’enfance, très religieuse, en Oklahoma, de Janise Robinson.

François Bousquet
le 20/02/2024

À lire également

White Rainbow
Prism of Eternal Now
(Kranky)
Christopher Bissonnette
Pitch, Paper & Foil
(Kranky)
Chihei Hatakeyama
Minima Moralia
(Kranky)