du 18/01/2024 au 16/03/2024
Galerie Édouard-Manet,
Gennevilliers
Partis de l’idée que la pop-culture japonaise infuse un large pan de notre quotidien, les commissaires Félicien Grand d’Esnon et Alexis Loisel-Montambaux, réunis sous le nom de CRO, ont convié une petite dizaine de plasticiens pour une exposition collective qui connaitra une déclinaison au Château centre d’art contemporain d’Aubenas plus tard dans l’année.
Assez peu porté sur ce champ culturel, c’est sans réelle attente qu’on se rendit à la Galerie Édouard-Manet de Gennevilliers, pour y constater qu’au-delà du manga mentionné dans l’intitulé de l’exposition, on y trouve une foison de sources : anime, manga, jeu vidéo, culture kawaï, etc… Esthétiquement, on se trouve face à une alternance de propositions un peu criardes (statuette en bronze à patine dorée d’Emma Stern, huile pailletée sur toile de la même, figurines de Ram Han, portrait déstructuré d’un célèbre personnage par Eliza Douglas) et de travaux plus intéressants, soit par leur dépouillement formel (grande réalisation au stylo à bille sur papier de Nella Czemark Ichti), soit par leur choix d’une certaine abstraction (le triptyque noir de Natacha Donzé), à rebours des représentations d’icônes pour lesquelles opte une bonne partie des autres artistes.
Mélangeant donc les formes et les provenances, l’exposition ne met toutefois jamais vraiment en tension l’attraction pour cette sub-culture japonaise, ni ne l’interroge véritablement. Mis à part quelques mentions dans la feuille de salle, rien, dans les œuvres montrées ne questionne l’aspect hégémonique de cette culture, l’influence japonaise et le soft power qui se jouent à travers elle, ou la dépendance qui peut naître à l’égard de ces formes artistiques (avec le phénomène/syndrome des otaku). En fait, tout était déjà joué dès le titre de l’exposition (tiré d’une chanson de Johan Papaconstantino) : fascination pour son objet, premier degré et personnification visant à l’identification mais empêchant la prise de recul.
le 14/02/2024