(sound in silence / Import)
13/11/2023
Rock

Comme c’est le cas parfois pour d’autres artistes ou formations publiés par sound in silence, ce n’est qu’avec leur second album que les musiciens de Great Panoptique Winter apparaissent sur nos pages. Comme s’il fallait, au préalable, s’assurer que le projet s’installe dans la durée et puisse dépasser la tentative ou l’essai. C’est particulièrement vrai lorsque le label grec propose des albums réunissant deux musiciens déjà actifs par ailleurs, comme le sont Jason Sweeney et Richard Adams. Si le premier n’a jamais été mentionné ici, c’est parce que ses productions personnelles ne nous ont jamais complètement convaincus ; en revanche, le second est familier de nos pages, notamment via The Declining Winter ou Western Edges.
C’est par-delà les océans (Sweeney vit en Australie, Adams en Angleterre) que les artistes ont coopéré, s’échangeant fichiers et sons, pour parvenir à réaliser six morceaux, tenant en moins d’une demi-heure et permettant de former un ensemble qui va un peu au-delà de la juxtaposition de leurs propres univers. Ainsi, et alors qu’on fait souvent le reproche aux disques de The Declining Winter de se montrer trop souvent répétitifs, le chant de Richard Adams se trouve confronté à des rythmiques assez riches ou à des boucles électroniques qui apportent une perspective différente.
Le timbre peut sembler toujours aussi lancinant, ou vaporeux, mais il percute une pulsation sourde ou une ligne de basse qui confèrent une certaine noirceur (Light The Burial Ground). Le Britannique s’essaye, en outre, à des modulations vocales un peu plus travaillées, quand il se trouve au contact d’une rythmique régulière et d’une boucle mélodique identifiée (le morceau-titre). L’album avançant, cette direction se montre de plus en plus suivie, jusqu’à constituer, en clôture de disque, une forme beaucoup plus aboutie, singularisée par quelques accents krautrock (Soft Hands).
Si la justesse musicale n’est pas forcément au rendez-vous, l’entreprise mérite d’être saluée, par sa volonté, d’une part, de sortir de ce chant quasi-détimbré et, d’autre part, d’offrir à Jason Sweeney, une contribution servant de relais intéressant.
le 22/02/2024