(Room40 / Import)
17/11/2023
Electronique

Découverte sur scène fin 2019, à l’occasion d’un concert programmé par La Fabrique Agitée aux Instants Chavirés, Kate Carr nous y a avait assez intéressés, avec une proposition croisant ambient et électroacoustique, à base de samples divers et de field recordings. C’est ce type de matériau que l’Australienne convoque majoritairement pour A Field Guide To Phantasmic Birds, nouvelle station d’une discographie très riche mais qui, assez étonnamment, n’avait pas encore été hébergée chez Room40, label pourtant tout à fait indiqué pour ce registre musical.
Si l’intitulé de cet album annonce des oiseaux fantasmés, quelques-uns sont cependant bien réels, dont le pépiement a été saisi par la musicienne, avant d’être retraité électroniquement et intégré à de longues plages (près de neuf minutes en moyenne pour les quatre morceaux du disque) qui invitent assurément au voyage. Plongé dans une certaine épaisseur sonore, confronté à quelques souffles et sifflements, l’auditeur a l’impression de cheminer péniblement dans une sorte de jungle légèrement inhospitalière, heureusement éclairée par des touches plus lumineuses (à la fin d’A Loud Hissing Screech Which Drops In Pitch Halfway, par exemple). L’hybridation électroacoustique conduit aussi Kate Carr à faire passer des composantes synthétiques pour des battements d’ailes d’oiseaux (au bout de Usually Concealed In Dense Foliage).
Progressivement, on s’habitue à cet alliage, et on trouve presqu’une forme de réconfort à se faire envelopper par ces agrégats, d’autant plus que, plus le disque avance, plus les nappes se colorent d’un chromatisme, pour culminer avec le conclusif Shy, Typically Alone Or In Pairs, parfaitement équilibré entre ambient et field recordings, et faisant même naître une douce émotion.
le 27/02/2024