Sébastien Guérive

Obscure Clarity

(Atypeek Music)

 date de sortie

10/11/2023

 genre

Electronique

 style

Ambient

 appréciation

 tags

Ambient / Atypeek Music / Sébastien Guérive

 liens

Sébastien Guérive
Atypeek Music

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Faire face à un nouveau musicien est toujours plutôt intéressant, même s’il s’avance avec quelques atours familiers. Ici, Sébastien Guérive, ingénieur du son en plus des deux albums déjà publiés avant celui-ci, nous offre un long-format (publié en numérique et en LP) au visuel jouant classiquement sur une certaine noirceur (façon dessin à la mine de plomb), tandis que son intitulé reprend l’oxymore cornélien qui sert d’illustration à cette figure de rhétorique dans les manuels scolaires, et que sa musique marie ambient et rythmiques travaillées.

La présence de chacun de ses trois signes fait pourtant système et constituent un ensemble tout à fait cohérent puisque, précisément, la conjonction des nappes et des pulsations vient documenter cette volonté de produire quelque chose de lumineux, à même de percer une épaisseur plus dense. Une telle coloration peut également être apportée par des montées chromatiques de synthé assez prenantes (Prana), parfois mises en regard de propositions rythmiques un rien démonstratives (Devi).

Au reste, le risque de grandiloquence n’est pas toujours évité par le Nantais, un peu emporté par ses propres élans et un certain lyrisme, qu’il parvient néanmoins à contenir en offrant des titres pas trop complaisamment étirés dans la durée (à l’image d’un Daydream mieux maîtrisé). On pourrait même, par endroits, souhaiter que les morceaux se prolongent un peu, afin de profiter davantage de la forme un peu tourbillonnante que Sébastien Guérive met en place (la seconde partie d’On The Inside ou Dukkha).

Si le Français n’évite pas toujours une noirceur très marquée (Deva), il a le mérite de terminer, assez classiquement mais efficacement, par un titre interprété au clavier (Shanti), cotonneux et rassurant, comme pour adoucir l’atterrissage après un voyage plus tumultueux.

François Bousquet
le 01/03/2024