Jazz in Japan - Super Avant-Garde : Aki Onda - Optrum - DoraVideo - Xavier Charles

 date du concert

02/06/2006

 salle

Maison de la Culture du Japon,
Paris

 tags

Aki Onda / Atsuhiro Ito / Maison de la Culture du Japon / Xavier Charles

 liens

Aki Onda
Maison de la Culture du Japon

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Xavier Charles & Masahiko Ôkura

On connaît Xavier Charles depuis longtemps, qu’il se produise à la clarinette, son instrument d’origine, ou aux haut-parleurs vibrants et autres dispositifs électro-acoustiques. On a récemment eu l’occasion de s’enthousiasmer sur sa prestation aux côtés de The Ex lors de la soirée avec des musiciens éthiopiens. Masahiko Okura est un saxophoniste alto qui a longtemps évolué dans des registres fortement sonores, que ce soit au sein de Dub Sonic Warrior ou GNU, avant de partager la scène avec la fine fleur de l’improvisation, Taku Sugimoto ou Otomo Yoshihide.

Leur concert est un dialogue sur le ton de la conversation. Il n’y a pas d’emportement ici, chacun expose sa technique afin de servir au mieux l’échange. Ce fut donc un moment agréable à écouter, mais on garde le sentiment de ne pas l’avoir assez apprécié, la faute au lieu (plus petit cela aurait été mieux) et au style (leur finesse face à la grosse artillerie qui s’annonçait par la suite).


Optrum (Atsuhirô Itô & Yôichirô Shin)

Atsuhiro Ito est avant tout un artiste visuel, venu à la performance à la fin des années 90. Ses installations sont à base de néon, colorés ou non, qui déchirent par intermittence l’obscurité, et influent directement sur les sens du public, un peu à la manière d’un Claude Lévêque en France. L’optron, l’instrument qu’il développe depuis plusieurs années joue sur la fréquence du néon pour créer du son retravaillé avec des pédales de distorsion. Au sein d’Optrum, groupe formé avec le batteur Yôichirô Shin, il tient son néon en bandoulière comme une guitare, ce qui en fait un instrument taillé pour la scène, bien plus abouti que lorsque son barda était posé sur une table comme lors des concerts que nous avions vu il y a 5 ans.

Le concert d’Optrum va durer une quinzaine de minutes, dans la plus pure tradition de déferlante noise. L’auditorium de la MCJP est plongé dans le noir, seulement déchiré par les éclairs de la lampe néon dont Ito contrôle les battements. L’accord entre musique et lumière, plus la rythmique efficace qui se superpose, assurent le succès de la performance, propre à clouer le spectateur à son siège (ou à le faire s’enfuir à toutes jambes, c’est selon).


Aki Onda

Quand on revient de l’entracte, Aki Onda est déjà en place derrière une grande table recouverte de magnétophones et autres minidiscs. Il déambule nonchalamment sur la scène, un magnéto à la main. Il affecte un style de dandy. Il fait bien attention à n’avoir l’air de rien, comme s’il laissait échapper sa musique sans se donner la peine d’y penser. Les premiers matériaux sonores sont empreints de sonorités arabisantes et orientales, ce qui, après les makis servis au bar de la MCJP, achève de donner à la soirée sa dimension buddha-bar/colette. Cependant Onda va s’éloigner assez vite de cet écueil en rajoutant du bruit et des scratchs à grands coups d’avance rapide de bande. Sa musique concentre le chaos et des sons évocateurs, qui donnent directement des scènes à visualiser.


DoraVideo (alias Yoshimitsu Ichiraku)

DoraVideo est un projet solo de Yoshimitsu Ichiraku, batteur incontournable dans notre discographie du Japon puisqu’il est le I de I.S.O. aux côtés de Sachiko M et Otomo Yoshihide, et qu’il a également joué dans Acid Mothers Temple & The Melting Paraiso. Il a préparé des clips vidéos, à base de footage qu’il retravaille naïvement avec du sampling (un pas en avant, un pas en arrière, ce genre là). Il y a de la musique enregistrée, celle de la vidéo d’origine, ou quelque chose de composée pour le clip. Et par dessus, Ichiraku se démène comme un beau diable à la batterie. C’est très jouissif, ne serait-ce que par la nature des clips qui défilent sur l’écran. S’y entrechoquent des sujets d’actualité (les guerres, Koizumi ou Bush), des extraits de films (Shintaro Katsu dans le rôle de Zato Ichi...), et surtout de la vraie musique qui balance, comme Kiss ou ce chanteur japonais en kimono gold-lame qui reprend du Depeche Mode...

Lors de son discours de présentation, le président de la Maison du Japon, bien qu’enthousiaste, avait quand même l’air de se demander où il allait avec cette programmation de "Super Avant-Garde" (oui, c’était la dénomination officielle...). Devant le succès de la soirée, il ne reste plus qu’à espérer que l’expérience sera reconduite l’an prochain.

Bertrand Le Saux, Soizig Le Calvez
le 16/06/2006

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