(Tonal Union / Import)
17/11/2024
Jazz

Multi-instrumentiste, Brian Allen Simon fait paraître des disques depuis une dizaine d’années, sous le nom d’Anenon (sorte de raccourci des trois parties de son nom), dans lesquels son saxophone ténor trouve une belle place. Pour Moons Melt Milk Light, c’est, à nouveau, cet instrument qui se voit mis en avant, mais aux côtés d’un piano, d’une clarinette basse et de captations sonores, faites au gré des pérégrinations du Californien (dont en Auvergne, ce qui permet d’entendre quelques bribes de voix, en français, captées à table dans As it is When it Appears).
Improvisés, les onze morceaux de cet album, publié dans un beau vinyle transparent par Tonal Union, ont été saisis en une ou deux prises, dans des formats brefs (minutes de moyenne), permettant de traduire une forme d’immédiateté, voire d’urgence à livrer ces divagations jazz. Extrêmement chaleureux, l’ensemble permet d’entendre le souffle traversant le corps du saxophone ténor (Endings (Solo)), les doigts courant sur le clavier ou actionnant les mécaniques (Night Painting I), sans jamais verser dans la démonstration virtuose. Précisément, la brièveté des titres, à l’image des deux minutes trente de Champeix, évite toute complaisance vis-à-vis de la rapidité du jeu de chacun des instruments.
Franchement dépouillé dans son expression, le travail de Brian Allen Simon bénéficie d’une réverbération soigneusement dosée, à même d’accompagner l’émotion qui peut naître à l’écoute de ces volutes musicales. Un aspect onirique peut même apparaître quand des oiseaux pépient en ouverture de Sightless Eyes (N16), comme si l’États-Unien avait aussi réussi à dompter la nature par la grâce de son jeu.
le 08/04/2024