(Expert Sleepers / Import)
08/12/2023
Electronique

Toujours attaché, après le très bon Four Drones For Saxophone And Modular Synthesizer d’il y a un an, à la manière dont les morceaux se conçoivent et s’interprètent, Andrew Ostler fait le choix, pour ce Dots On A Disk Of Snow d’utiliser une large gamme d’instruments à vents : trompette, clarinette basse, cor de baryton et saxophone ténor. Mais, comme il avait pu le faire sur son précédent album, il joue aussi avec l’auditeur puisque le titre d’ouverture ne compte aucun de ses instruments, préférant déployer des tapis de cordes, destinés à accueillir une ligne mélodique de synthé, dans un registre d’ensemble qui cherche possiblement trop l’émotion (Tunes Blown Tremulous In Glass). Même sentiment de facilité quand des voix d’enfants babillent au loin, sur des volutes légèrement paresseuses (Rowing In Eden)
En revanche, quand l’Écossais marie instruments à vent et électronique minimale, il se fait vraiment intéressant, à l’image du dialogue entre la trompette de The Doom’s Electric Moccasin et des cliquetis. Venant moucheter les plages instrumentales comme les taches noires éclaboussent la blancheur du vinyle sous le format duquel sort cet album, ces composantes électroniques charment par leur précision et leur finesse, comme par leur capacité à servir de planche d’appel pour les vents. C’est ainsi que (Soundless As) Dots On A Disk Of Snow trouve un nouveau souffle quand les rythmiques rentrent, dans la seconde moitié de ce morceau.
Enfin, en clôture du disque, Scarlet Experiment met en place deux lignes superposées de synthé, dans un bel effet de dédoublement et d’écho, travaillé dans la durée des dix minutes de ce morceau caudal. Si les instruments à vent y sont moins présents, son aspect légèrement envoûtant et sa circularité prenante en font une belle réussite.
le 30/04/2024