Colleen

 date du concert

10/04/2024

 salle

Gaîté Lyrique,
Paris

 tags

Colleen / Franck Vigroux / Gaîté Lyrique

 liens

Colleen
Gaîté Lyrique
Franck Vigroux

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Association noctambule dévolue au soutien aux exilés, Les Éveillés organise régulièrement des soirées dont les fonds permettent d’aider les structures accompagnant les personnes en situation d’exil et de migration. En ce doux mercredi soir d’avril, c’était à la Gaîté Lyrique que se tenait l’événement, avec quatre concerts d’électronique, dans un équipement qui a récemment changé de gérants, mais a conservé ce qui fait la force de l’établissement culturel : façade et salles historiques, espace d’exposition, lieux de convivialité (même si la présence du bar dès l’entrée, avant même la billetterie, pousse un peu à la consommation).

Colleen

Pour notre part, c’était la venue de Colleen, trop rare en région parisienne (sa dernière venue datait de l’automne 2017, lors du défunt festival BBMix), qui avait motivé notre venue, souhaitant confronter nos impressions, mitigées, perçues à l’écoute de son dernier album à sa traduction scénique. De fait, la Française avait annoncé n’interpréter, sur scène, que ce dernier long-format en date, laissant de côté le reste de sa discographie. Débutant à 20h précises (compte tenu de la richesse de la soirée), elle ouvrit sa prestation, comme sur Le Jour et la Nuit du Réel par les trois mouvements de Subterranean et les deux de The Long Wait, enchaînés pour une quinzaine de minutes d’arpèges de synthé modulaire, intervenant en soutien de mélodies serties de sons clairs ou graves, et un peu saturés. Par la suite, des pulsations plus sourdes entrèrent en jeu, permettant une forme de renouvellement, mais elles se montrèrent trop courtes dans leur déploiement, constat qui nous fit regretter un début de set dans lequel Cécile Schott s’était tournée vers de longs morceaux, faisant ressentir, en creux, la brièveté des propositions qui suivirent.

Entrecoupés d’instants passés à farfouiller dans son classeur pour trouver des indications techniques (branchements, raccordements, réglages) destinées au morceau qui arrivait ensuite, les titres finirent par être assez voisins, malgré une belle ampleur d’ensemble, face à un public qui s’était progressivement densifié mais livrait de timides applaudissements. Dans un espace bénéficiant d’un éclairage très réussi (spots venant du fond de la scène, faisceau découpé, cercles concentriques), quelques fréquences trop aigues génèrent cependant l’écoute, comme cette sorte de trop-plein d’émotions qu’on crut percevoir et qui, par exemple, lui fit reprendre Les Parenthèses Enchantées après un début raté. Heureusement, le concert se conclut par un Night Looping plus intéressant, avec ses simili-rythmiques, sa mélodie mise en boucle et ses basses saturées.

Dasha Rush

Après un set assez massif de December, servi par des projections diffusées sur les quatre murs de la grande salle grâce à six toiles tendues sur chaque, place à Dasha Rush, musicienne qui a notamment sorti des disques sur Raster-Noton. Et, de fait, sa prestation fut typique de celle qu’offrent les artistes du label allemand : fragmentation sonore, minimalisme des matériaux dans un volume assez poussé, polyrythmie, travail sur les fréquences et la clarté des pulsations plutôt que sur les mélodies en tant que telles, immersion de la Berlinoise dans des visuels en noir et blanc, projetés sur un immense écran dans son dos, et montrant des nuages de points, des volutes pointillistes et des créations numériques entre toiles d’araignée, spirales et hélices. Un peu moins familier de ce registre qu’on le fut à une époque, on releva le caractère très dansant de l’ensemble, avec ses beats un peu sourds et ses tempi assez élevés. Emporté, comme une partie du public, on goûta aussi un avant-dernier titre à l’aspect chromatique plus marqué, tandis que des reflets irisés apparaissaient derrière l’Allemande.

Pour conclure la soirée, Franck Vigroux opéra par collages sonores assez agressifs, déflagrations diverses et tensions prononcées. L’heure avancée, comme l’absence de visuels, nous conduisirent à ne pas nous éterniser à la Gaîté Lyrique, préférant rester sur le souvenir du concert précédent.

François Bousquet
le 23/04/2024

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