(Hubro / Outhere Distribution)
02/02/2024
Jazz

Découvrir un nouveau trio signé sur Hubro est toujours un peu excitant, tant le label norvégien sait dénicher, dans les différents recoins de la sphère jazz, folk ou expérimentale, des musiciens et groupes divers et aventureux. Avec le Liv Andrea Hauge Trio, c’est une formation plus classique dans son approche qui offre son premier véritable album, constituée d’une pianiste, une contrebassiste et un batteur, soit la structuration traditionnelle d’un tel format, et le morceau d’ouverture laisse imaginer un déroulé assez basique, jusqu’à ce que la fin de Det Vokser Ville Blomster På Månen ne laisse entendre quelques coups secs, servant de pont vers le reste d’un disque qui saura aller fureter un peu ailleurs.
Ainsi, si le principe d’un thème mélodique au piano, suivi de quelques minutes de divagations improvisées, semble demeurer la colonne vertébrale de Ville Blomster, le trio sait vite laisser la contrebasse de Georgia Wartel Collins agir seule (Gullregn) ou bien les balais d’August Glännestrand intervenir au premier plan (Fri Flyt). Stylistiquement, le caractère purement mélodique et délié se trouve alors parfois remisé, au profit d’une offre plus dépouillée (Vår, introduit par l’archet tapant les cordes étouffées de contrebasse), plus heurtée (Asta) ou intégralement dévolue à une improvisation un peu foutraque (Du Og Jeg, Baby).
Au contact des mini-roulements de caisse claire, le toucher de piano de Liv Andrea Hauge se fait aussi plus rapide dans ses montées (Istid). Structurellement, des breaks peuvent également être positionnés, permettant de relancer l’écoute (Gullregn), avant de parvenir au terme du disque et de trouver le suave Ødemarka, très belle conclusion pour un trio qu’on aimerait bien découvrir sur scène, maintenant.
le 22/05/2024