(Wayside and Woodland Recordings / Import)
02/02/2024
Rock

Birds In The Brickwork / Epic45 / My Autumn Empire / Post-Rock / The Toy Library / Wayside and Woodland Recordings
Parvenu assez rapidement (sept mois tout juste) après Spring, collection de morceaux datant de 2006 et 2007, You’ll Only See Us When The Light Has Gone (beau titre !) nous permet de faire connaissance avec le nouveau batteur d’Epic45. Ayant récemment rejoint le duo central du groupe anglais, Mike Rowley apporte, dès l’entraînant New Town Faded d’ouverture, sa présence assez identifiable, par ses frappes marquées et ses interventions qui paraissent même pousser le chant de Ben Holton à être plus affirmé.
Si, par le passé, on a pu émettre quelques réticences vis-à-vis de ses contributions vocales, elles trouvent ici une certaine raison d’être, et cessent d’être systématiquement recouvertes d’effets embués. L’évolution du post-rock des Britanniques s’était déjà distinguée par une batterie plus audible sur Cropping The Aftermath, mais, s’agissant du chant, on n’avait pas forcément un souvenir aussi favorable. À côté, les guitares de Rob Glover et Ben Holton conservent leurs colorations typiques, et Mike Rowley peut aussi s’essayer au synthé sur l’apaisé Passing.
Sortant, au moment de la publication de ce nouvel album, d’une tournée avec The Declining Winter, Epic45 paraît en avoir intégré quelques-uns des stéréotypes, à l’image de ces arpèges mis en boucle et posés sur une batterie métronomique, toutefois contrebalancés par un refrain dans lequel instrumentation et contre-chant se déploient (The Crush). Puisqu’on en est à recenser les accointances avec d’autres formations anglaises, on ne saurait passer sous silence la phrase « Home Is Where The Heart Is », répétée sur Underneath The Houses et qu’on relie au « Home Is Where It Hurts » de Hood, parentalité assez incontournable pour toute cette scène britannique.
Resserré sur une demi-heure et sept morceaux, You’ll Only See Us When The Light Has Gone manque possiblement d’ampleur dans ses développements, avec des morceaux limités à quatre minutes trente alors que, lorsqu’Epic45 dépasse les six minutes (sur le caudal et bien nommé Finality), une forme de vertige peut s’emparer de l’auditeur, porté par le trémolo des guitares, l’empilement des couches (dont la clarinette d’Antony Harding) et la saturation qui recouvre le tout.
le 27/05/2024