(Sonic Pieces / Import)
02/02/2024
Classique

Acoustique / Néo-Classique / Sonic Pieces / Sylvain Chauveau
Déconstruction du format chanson, travail sur le silence entre les notes, choix d’une instrumentation très rudimentaire, tournée « zéro carbone » : depuis plusieurs années, Sylvain Chauveau s’est fait le chantre d’une économie de moyens, dans toutes les composantes de son parcours de musicien. Ayant, en bonne logique, réduit également son rythme de publication, c’est près de quatre ans après Life Without Machines (intitulé déjà fort explicite) que le Français revient, avec un Ultra-Minimal au titre tout aussi programmatique.
Hébergé sur Sonic Pieces (label lui aussi attaché à des exposés sommaires avec ses pochettes unies et sobres et qui en profite pour ressortir Le Livre Noir du Capitalisme, premier album solo de Chauveau, initialement paru en 2000 et déjà republié deux fois), il schématise les noms de ses morceaux, constitués de trois caractères maximum et écrit en minuscules, pour offrir au public une captation d’un concert donné en mars 2022 au Café Oto de Londres. Piano, guitare, harmonium et mélodica sont utilisés à tour de rôle (jamais en même temps, n’en faisons pas trop non plus), pour des formes répétées travaillant sur la simplification à l’extrême du propos : un arpège de guitare (mi), des pincements de cordes (med, deu), quelques accords d’harmonium ou de mélodica (116), une séquence de piano (or).
Particulièrement concentré, le public londonien ne se fait entendre que par quelques grincements de chaises (les applaudissements ont été coupés pour le disque), traduisant une qualité d’écoute absolument nécessaire pour se laisser porter par les compositions de Sylvain Chauveau. Totalement instrumentales, les onze pistes de l’album ne masquent pas leur aridité, assumée et même portée en étendard par le Français, dont on entend les doigts courir sur le clavier et le manche et qui prend bien le temps de faire durer chaque note (telles celles du piano de ho). Il faut, en réalité, attendre que l’harmonium superpose ses accords pour obtenir quelque chose de plus consistant (i) et qui dépasse l’exercice de style que constitue, somme toute, le reste du disque.
le 28/05/2024