Akousma : Julia Hanadi Al Abed / Jos Smolders / Ève Aboulkheir / Luis Naón

 date du concert

11/05/2024

 salle

Maison de la Radio et de la Musique,
Paris

 tags

Ève Aboulkheir / INA / GRM / Jos Smolders / Maison de la Radio et de la Musique

 liens

INA / GRM

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Positionnée au cœur d’un grand week-end (deux jours fériés d’affilée, mercredi et jeudi), la séquence Akousma de l’INA-GRM n’a réussi à remplir, pour son samedi soir, qu’une petite moitié du studio 104 de la Maison de la Radio et de la Musique, dans un Paris aux allures de 15-août (franc soleil, bonne chaleur, habitants ayant délaissé la ville remplie de touristes). Comme en novembre dernier, l’ensemble des intervenants opéra depuis la console, créant une petite frustration de ne pouvoir véritablement prendre conscience de leur travail, mais ce qui permettait, aussi, de laisser en majesté l’acousmonium et sa trentaine d’enceintes de toutes sortes.

La pièce de répertoire, diffusée par Jules Négrier, donna l’occasion de saluer la mémoire de Francis Dhomont, disparu fin 2023, figure de la musique électroacoustique, dont le Novars bénéficia pleinement de la spatialisation, d’abord centrée sur les huit boules rouges de fond de scène, puis propagée sur tous les haut-parleurs, pour une entrée en matière tout à fait adaptée. Optant pour un travail davantage proche de la musique concrète, Julia Hanadi Al Abed livra ensuite une vingtaine de minutes de field recordings, constellés de nombreux pépiements d’oiseaux et de craquèlements, pour un résultat possiblement trop peu différenciant de ce qui peut être proposé dans un tel cadre.

Chargé de clôturer la première moitié de la soirée, Jos Smolders avait annoncé, dès l’intitulé de son Textuur 4, sa volonté de travailler sur l’armature et la charpente de sa proposition. Promesse tenue avec une suite d’inspirations et expirations dotées de traitements granuleux et abrasifs, relayée par des percussions semblables à des maracas, des poussées de souffles et des mini-larsens. Jouant ostensiblement sur la diffusion dans les haut-parleurs latéraux, le Belge géra très bien, au surplus, l’utilisation de l’acousmonium.

Séduits par son concert d’octobre dernier, lors d’une soirée du Non_Jazz, nous avions principalement motivé notre déplacement à la Maison de la Radio et de la Musique par la présence d’Ève Aboulkheir. Venus Road, pièce de vingt minutes composée sur commande de l’INA-GRM vit la Française déployer des sonorités lumineuses et fines, conjuguées à des samples parlés et à une petite rythmique ondoyante. Plus micro-électronique que purement électroacoustique, cette composition, inspirée par les forêts de Singapour, confirma nos bonnes impressions automnales, grâce à une prestation utilisant efficacement, sauf à la fin, la spatialisation du son.

Argentin, Luis Naón était chargé de conclure la soirée, avec Symphonie pour un Monde Seul, œuvre tendue et directe dans son approche, constituée par six mouvements enchaînés, dans un registre plus minimal et acéré, avec des sons perçants et un parti pris possiblement trop radical pour une partie du public.

François Bousquet
le 13/05/2024

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