Moffat Takadiwa : Tales Of The Big River

 date

du 04/04/2024 au 01/06/2024

 salle

Galerie Édouard-Manet,
Gennevilliers

 appréciation
 tags

Galerie Édouard-Manet / Moffat Takadiwa

 dans la même rubrique
du 18/01/2026 au 22/03/2026
Pierre Charpin & Nathalie Du Pasquier : Andiamo
(Crédac)
du 17/02/2026 au 18/04/2026
L’Argument du Rêve
(Fondation d’entreprise Ricard)
du 20/01/2026 au 14/03/2026
Louise Mutrel : Starlight Express Club
(Galerie Édouard-Manet)
du 22/10/2025 au 15/02/2026
Melvin Edwards
(Palais de Tokyo)

De loin, les grandes créations de Moffat Takadiwa qui occupent les murs de la Galerie Édouard-Manet de Gennevilliers pourraient ressembler à des tapisseries, avec leurs semblants de très grosses côtes et leurs représentations entre mandalas et patchworks. En se rapprochant, on constate, toutefois, qu’il s’agit d’ensembles constitués à partir de matériaux plastiques (bouchons de bouteille, touches de clavier, de téléphone ou de calculatrice, têtes de brosses à dents), dans un geste, certes classique, de récupération et de réinvestissement de ces rebuts, mais intelligemment réalisé ici.

Si l’on peut passer sur le point de départ pris par le Zimbabwéen pour justifier une exposition qui serait tournée vers la Seine (il est fait part de l’existence du Port de Gennevilliers, plus grand port fluvial de France, sans dire un mot des perspectives prévues par Haropa et la création d’un double hangar immense, baptisé effrontément « Green Dock », qui viendra défigurer l’écosystème local), on préfèrera se concentrer sur des œuvres un peu inquiétantes par leurs dimensions et leurs noirceurs. Toutefois, comme avec certains animaux, en s’approchant, on peut les apprivoiser (ici, en constatant leurs procédés de fabrication), mais cela peut aussi susciter un certain effroi, en pensant aux conditions de production : matériaux de récupération trouvés dans des décharges, lien avec les paquebots et porte-containers, les déplacements d’objets comme métaphores des déplacements humains, etc…

Sans trop forcer le signifiant de ses intitulés, Moffat Takadiwa livre, par endroits, une accointance entre titre et œuvre (A Dot qui modèle, effectivement, un gros point blanc sur fond noir, White Circle, voire la série des Zimbabwe Bird) mais, le plus souvent, c’est au visiteur de se figurer ce qu’il a devant lui, de se plonger dans des créations plus complexes que ce qu’une vision rapide pouvait laisser penser.

François Bousquet
le 17/05/2024

À lire également

du 03/10/2019 au 14/12/2019
Désolé
(Galerie Édouard-Manet)
du 12/2/2009 au 11/4/2009
Dominique Blais : Décélér
(Galerie Édouard-Manet)
du 27/09/2018 au 01/12/2018
Lucile Littot : Bons (…)
(Galerie Édouard-Manet)
du 05/04/2018 au 09/06/2018
Bertrand Dezoteux : (…)
(Galerie Édouard-Manet)