Kjetil Mulelid

Agoja

(Odin Records / Kuroneko)

 date de sortie

15/03/2024

 genre

Jazz

 style

Contemporain

 appréciation

 tags

Contemporain / Kjetil Mulelid / Odin Records

 liens

Kjetil Mulelid
Kuroneko

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Voir arriver un album de Kjetil Mulelid sous son seul nom pouvait laisser imaginer un nouveau disque de piano solo, trois ans presque jour pour jour après Piano paru alors sur Rune Grammofon. Sauf que, dès les premières secondes, la richesse de l’orchestration surprend et séduit, avec contrebasse, batterie, saxophone ténor, trompette et violon. Plusieurs invités sont, ainsi, conviés sur Agoja pour interagir avec le pianiste norvégien, dans un ensemble extrêmement soyeux et sublimé, sur ce point, par la trompette d’Arve Henriksen, présente sur cet Alone introductif et chargée du thème. Toujours à la trompette, Mathias Eick s’empare du thème de Song for Eliah et les deux saxophones (alto et ténor) de, respectivement, Signe Emmeluth et Trygve Seim instaurent un dialogue aérien dans A Prayer for Peace.

Au-delà de ces compagnonnages classieux, ce sont des camarades fidèles que le Norvégien a sollicités, tels Andreas Winther (membre de son trio) à la batterie, Martin Myhre Olsen (membre de Wako, autre groupe de Mulelid) aux saxophones ou Bárður Reinert Poulsen (autre membre de Wako) à la contrebasse, qu’il parvient parfois à faire sonner comme une pulsation électronique, venant apporter une touche très contemporaine à un propos qui pourrait sonner un peu trop classique sans cela. De même, dans un autre registre, le long solo de saxophone soprano sur Heroes offre quelques envolées free tandis que le vibraphone de l’Étatsunienne Sasha Berliner (nouvelle venue auprès de cette scène norvégienne) confère une touche aquatico-liquide à un Waiting Song sur lequel Lars Horntveth tisse aussi quelques entrelacs avec sa guitare pedal steel.

Mélodiquement, ce long-format témoigne d’un beau savoir-faire de la part d’un Kjetil Mulelid qui, par le passé, nous avait présenté quelques capacités en la matière, mais inégalement démontrées sur ses différents albums. Se faire entourer lui fait donc le plus grand bien (seul un interlude, de moins de deux minutes, en milieu de disque, le voit opérer en solo au piano) et invite même le musicien à quitter son piano à queue pour rejoindre, en bout de disque (Kingdom, Slowly Disappearing), des claviers ourlés et moelleux.

François Bousquet
le 14/06/2024

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