(Hallow Ground / Import)
15/03/2024
Electronique

Les églises constituent régulièrement des sources d’inspiration pour les musiciens expérimentaux et contemporains : leur acoustique, leur calme, leur atmosphère mais aussi les instruments qu’on y trouve. À côté des orgues, adjuvants bien utilisés par plusieurs créateurs, les cloches peuvent aussi faire l’objet d’un regard et d’un traitement particuliers. C’est ainsi que, pour son premier album, Simina Oprescu est partie de douze cloches d’église, trouvées dans un musée berlinois, pour lesquelles elle a fait des recherches quasi-scientifiques, dressant même une formule mathématique décrivant la fréquence sonore d’une cloche (en fonction de son diamètre, de sa matière de fabrication ou de son poids).
En mélangeant ces différentes fréquences, la Roumaine génère une suite de notes tenues superposées qui font, d’ailleurs, penser aux travaux que peuvent mener d’autres musiciennes avec les orgues d’église : variations peu aisément perceptibles, invitation à l’introspection chez l’auditeur, tonalités parfois proches du larsen, aspect vibratoire assez développé, travail plutôt fin sur les concordances et dissonances, volonté de conférer une fine oscillation à l’ensemble.
Écouter un tel disque (publié en LP, avec une piste par face, simplement intitulées « A » et « B ») demande donc un certain effort (ou une certaine concentration, c’est comme on préfère), qui permettra de distinguer quelques légers grésillements en fin de face A, ou des interventions plus lumineuses en fin de face B. Si l’on est en quête d’un album de recherche et qui permet de plonger en soi-même, Sound Of Matter s’avère alors le compagnon idéal.
le 18/06/2024