(Dis-nter / Import)
22/03/2024
Electronique

Après avoir enchaîné les disques (quatre entre 2018 et 2020, dont trois recensés, assez favorablement, sur ces pages), Ben Chatwin a laissé passer un peu de temps depuis The Hum, le temps, notamment, de monter son propre label, Dis-nter, sur lequel il peut publier Verdigris, première référence de cette structure. Musicalement, l’Anglais reprend le propos de The Hum, avec cette prédominance du synthétiseur et des rythmiques, mais dans un registre plus étoffé et plus dense.
Se positionnant dans une veine quasi-techno, Ben Chatwin offre, ainsi, des développements fortement compressés et saturés, ainsi que des lignes de synthé soutenues par des pulsations bien souvent entraînantes. Les compositions du Britannique saisissent, alors, par leur indéniable efficacité, aussi bien dans la construction progressive de la majeure partie des pièces (à l’image de Petroglyphs, par exemple) que par leur capacité à être probantes sur moyenne distance (telles les quatre minutes du très bon Collapsing In Feeback d’ouverture).
De même, Chatwin séduit par son aptitude à manier compression des matériaux et ampleur du son produit, jouant sur la réverbération d’une mesure mise en boucle, ou bien sur l’écho donné à une pulsation (Chorale). Le musicien montre aussi qu’il sait éviter de rester toujours sur la même note, apaisant un peu les rythmiques sur Ecology Of Fear, afin de mettre davantage en majesté des mini-explosions et accords plaqués. Deux regrets, néanmoins, à l’écoute de Verdigris : une durée globale réduite à trente-sept minutes (alors que la parution en CD et cassette permettait de rallonger un peu l’ensemble) et un dernier morceau (Elegy For All We Lost) trop ouvertement conclusif (arythmie, quiétude des accords et notes de synthé, fondu en sortie qu’on voit venir de loin).
le 20/06/2024