(Mille Plateaux / Internet)
22/03/2024
Electronique

De Crónica (sur lequel on l’avait découvert dans la première moitié des années 2000 avec un album très favorablement accueilli sur ces pages) à Mille Plateaux sur lequel il se trouve aujourd’hui, après une première incursion il y a dix-huit ans, une cohérence certaine se constate dans le parcours de Ran Slavin. Pourtant, et l’intitulé de cet album le fait valoir de manière assez transparente, le propos se veut ici plus ambient et moins expérimental, laissant de côté clicks’n’cuts et glitchs, au profit de nappes et souffles, travaillées sur la durée (soixante-treize minutes pour huit morceaux, publiés uniquement en format numérique).
Avec cette suite de longues pistes, le musicien israélien entend documenter un voyage en Orient, centré autour des variétés de thé, dont chacune donne son nom aux huit titres d’Oolong : Ambient Works. Assez naturellement, sur Time Regained par exemple, c’est face à quelques plages étirées et des nappes chromatiques qu’on se trouve, parsemées de quelques notes éparses (comme des bulles d’éventuels bubble teas ?), à même de faire vagabonder l’esprit et l’imaginaire de l’auditeur.
À ces propositions, on goûtera possiblement davantage celles dans lesquelles quelques granulosités ou crépitations apparaissent, manière de mettre un peu de chair et de perturbation dans ces agencements (Butterfly Of Ninh Binh ou de manière encore plus prononcée, Grand Jasmin). Même intérêt pour les morceaux où des accords de synthé syncopés créent une forme de cadence (Ruby Ceylan, marqué par une combinaison avec une petite mélodie onirique), prennent des atours quasi-dub (Dragom Inn, Summer Monsoon) ou plus jungle (le bien-nommé Assam Jungle). D’une perspective un peu doucereuse, voire émolliente (avec cette déclinaison des variétés de thé), Ran Slavin fait donc, au final, une œuvre nettement plus diverse et, par suite, convaincante.
le 24/06/2024