(Room40 / Internet)
22/03/2024
Electronique

Ambient / Chris Herbert / Ogive / Room40
Depuis l’album de 2017 dont nous avions rendu compte sur ces pages, les deux musiciens d’Ogive ont suivi une trajectoire un peu similaire : tandis que Chris Herbert limitait sa production (en quantité et en type de support, car seuls quelques publications numériques ont été livrées), Elías Merino n’offrait qu’une ou deux sorties (elles aussi exclusivement sur internet). Alors que le premier nommé faisait paraître régulièrement des disques au préalable, ils ont donc pu réactiver ce projet en duo sans trop de difficulté, pour servir une petite demi-heure (à nouveau en téléchargement uniquement), toujours accueillie sur Room40.
Resserré et concentré sur sept morceaux, Opalescentia propose des variations assez inattendues, au regard du souvenir qu’on pouvait avoir de Folds. C’est ainsi qu’on peut entendre de belles couches sonores granuleuses (Weathercore), une forme de dub alangui (Hyperconcrete, et ses textures réverbérées caractéristiques), ou un jeu savant sur la stéréo des nappes travaillées par les deux musiciens (Isthmus). Plus organique, Ikoma peut mettre en tension des frottements comparables à des battements d’ailes d’insecte.
Au fur et à mesure du déroulement de l’album, celui-ci gagne en densité, permettant d’atteindre des sommets tel Absorption Net, traversé par des vagues sonores ondoyantes, riches d’une luminosité distordue, ou Planar Floraria, plus fragmenté mais tout aussi prenant. Alors qu’on craignait de se retrouver face à une nouvelle déclinaison un peu convenue de l’ambient-Room40, Ogive démontre donc, nonobstant la brièveté d’Opalescentia, de belles qualités.
le 25/06/2024