(Johnkôôl Records / Idol)
22/03/2024
Jazz

Avec déjà plusieurs disques solo à son actif, en sus des collaborations et participations à des collectifs comme Farewell Poetry, Colin Johnco a su constituer une petite communauté autour de lui, s’occupant aussi de produire quelques albums, comme ceux d’Emmanuelle Parrenin. C’est en conviant quelques-uns de ces compagnons de route qu’il livre son nouveau long-format, publié sur Johnkôôl Records, label fondé avec Quentin Kôôl.
S’ouvrant sur un morceau de près de vingt-cinq minutes (L’Étoile), Crabe Géant nous plonge d’emblée dans un long propos semi-improvisé, faisant place à quelques élans de saxophone (joué par Quentin Rollet), posés sur des instrumentaux composites, dans lesquels on identifie un vibraphone au milieu des textures électroniques. Des petites granulosités et quelques notes tapotantes viennent parsemer un ensemble qui, nonobstant une certaine densité, ne verse pas dans une forme trop anxiogène. Le geste se trouve ensuite repris, sur une durée plus brève, avec les titres suivants, nouveaux déliés de free-jazz alangui qui peuvent même se positionner plus ouvertement sur un versant organique, tel ce Ventre (effectivement placé au centre du disque) qui voit le saxophone croiser avec le vibraphone et un piano, joués par David Neerman.
En fait, Crabe Géant se déroule sans qu’on parvienne pleinement à distinguer les contributions spécifiques de Colin Johnco, qui prend en charge synthé, sampler et effets. Sans aller jusqu’à avancer que le créateur disparaît derrière ses invités et leurs apports, il se fait assurément moins saillant que les saxophones (celui de Léo Margue, sombre et profond, s’entend bien sur Crier la Jungle) ou le vibraphone déjà cité. Ceci posé, le mérite en revient aussi à l’auteur du disque, à même de s’entourer intelligemment et de laisser une vraie place à ceux qu’il convie.
le 26/06/2024