(Kranky / Modulor)
05/04/2024
Classique

Avec le décès, l’an passé, de Brian McBride, Stars Of The Lid est venu rejoindre les autres projets d’Adam Wiltzie en sommeil, après The Dead Texan (son duo avec Christina Vantzou) ou Aix Em Klemm (autre duo, auteur d’un unique album en 2000). Naturellement, il reste A Winged Victory For The Sullen, projet mené avec Dustin O’Halloran et pour lequel nous avons émis quelques réserves quant aux récents travaux. En parallèle, l’États-Unien, maintenant basé à Bruxelles, développe une carrière solo dont ces pages ont déjà pu rendre compte et qui, après Temporary Residence Limited et Erased Tapes, trouve hébergement chez Kranky, afin de poursuivre la tournée des labels recommandables des trente dernières années.
Sans grande surprise, cet album bénéficie du concours d’un orchestre de cordes, enregistré à Budapest et dirigé par le même Peter Pejsik qui officiait aux mêmes fonctions sur deux récents longs-formats d’A Winged Victory For The Sullen. Des causes similaires conduisant aux conséquences identiques, on se trouve en face d’une suite de morceaux néo-classiques, plutôt bien troussés mais guère surprenants. Certains se trouvent, néanmoins, rehaussés par des contributions électroniques des fidèles Robert Hampson ou Mark Nelson (les crépitements dans le dernier tiers de Stock Horror), ou bien des accords détachés d’une guitare doucement grattée, dialoguant joliment avec des vocalises féminines (Tissue Of Lies).
Relevons aussi la non-volonté de chercher l’émotion avant tout, écueil régulier de ce type de production. Par ailleurs, quand Adam Wiltzie met moins en avant les cordes, et offre un peu plus d’espace à d’autres instruments, il en ressort de belles pièces (Dim Hopes, trop court mais au rendu assez délicat, grâce à un métallophone), plutôt majoritaires sur un disque moins impersonnel que ce qu’on pouvait craindre de prime abord.
le 03/07/2024