(Room40 / Import)
12/04/2024
Electronique

Partie d’enregistrements d’eau (sous forme de ruisseaux et cascades) saisis dans le nord-est de l’Australie, Madeleine Cocolas n’en a pas fait un usage traditionnel, préférant opter pour des traitements assez riches, sonores et chargés, à rebours des consonances plus tempérées qu’on rencontre souvent avec ce type de captation. Mêlés à sa respiration et à sa voix, ces field recordings constituent le cœur de la quarantaine de minutes de Bodies, nouvel effort de la musicienne, toujours accueillie chez Room40, et se déclinent donc en torrents sonores, en nappes sombres et denses, en grondements ou bien en bouillonnements.
Ces bruits d’eaux travaillés se trouvent astucieusement relayés par des créations purement numériques : notes piquées de synthé posées à la suite des ébullitions (Drift), accords venant éclairer des gargouillements (The Creek), micro-rythmiques rapides prenant le dessus sur le roulis opaque (Exhale). Mais Madeleine Cocolas ne se contente pas de ce travail de mise en écho et de résonances, et sait aussi livrer une piste sans (apparemment) apport aquatique préalable. Placé en fin d’un album publié en CD et numérique, Bodies II débute par quelques vocalises, avant d’introduire de mini-explosions et autres perturbations ; des accords vibrants de synthé se chargent de la coloration chromatique, reprise enfin par les vocalises initiales, pour un résultat assez séduisant quoique possiblement trop étiré (le morceau dure plus de dix minutes). Néanmoins, l’Australienne confirme qu’elle est une actrice intéressante de cette scène ambient, avec un style assez personnel.
le 04/07/2024