(Hallow Ground / Import)
18/04/2024
Electronique

Quand Hallow Ground avait fait paraître Iki, au tout début du premier confinement, nous ne nous étions pas arrêtés sur cet album de FUJI||||||||||TA, que nous avons écouté avec du retard, au gré des venues en France du Japonais, déjà apprécié deux fois en concert. Plusieurs enregistrements ont été, depuis, publiés sur d’autres structures et, quatre ans après Iki, c’est à nouveau sur le label suisse que Yosuke Fujita publie MMM, long-format qui lui permet de saisir, sur disque, son travail développé sur scène avec son orgue actionnée par une pompe à air électrique.
Précisément, il s’agit de documenter cette recherche musicale, marquée par une attention portée sur les conditions de création et de captation du son. C’est ainsi que sur la première face de cet album (un lumineux vinyle violet), sobrement intitulée M-1, FUJI||||||||||TA fait aller et venir un micro au-dessus des tuyaux de son orgue, afin de constituer des sortes d’oscillations sonores, relayant efficacement les sons tonals provenant des tubes métalliques. En parallèle, les souffles mêmes se font entendre, comme la machinerie qui les génère (voire comme l’action de la main qui presse la pompe). Jouant assurément sur la répétition tout au long de la grosse vingtaine de minutes de ce premier titre, le Japonais teste aussi la résistance d’un auditeur qui ne trouve pas, dans cette écoute, le même intérêt que lors d’une prestation scénique.
Passé sur la face B, on se trouve en présence de la voix de Yosuke Fujita, qui occupe l’intégralité de M-2, avec cette technique spécifique consistant à produire des sons rapides, aussi bien en inspirant qu’en expirant. Procédant par onomatopées, il engendre également des rythmiques par un jeu de gorge, pour constituer un ensemble assez particulier. Sans surprise, M-3 vient combiner ses deux veines, en associant les souffles et sons de l’orgue au travail vocal du Japonais. Toutefois, ce dernier propose quelque chose de moins radical sur ce point, avec des vocalises et mantras en sus des onomatopées, ces trois facettes paraissant rebondir sur le tapis mis en place par l’orgue. Cela conduit à une alliance pertinente et qui vient justifier le reste d’un disque qu’on peut, alors, lire comme le témoignage d’un processus en train de se créer, avec l’exposé de ses différentes phases.
le 15/07/2024