Chihei Hatakeyama & Shun Ishiwaka

Magnificent Little Dudes Vol.1

(Gearbox Records / Import)

 date de sortie

24/05/2024

 genre

Rock

 style

Jazz / Post-Rock

 appréciation

 tags

Chihei Hatakeyama / Gearbox Records / Jazz / Post-Rock

 liens

Chihei Hatakeyama
Gearbox Records

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Poursuivant sa logorrhée musicale (douze albums ont été publiés depuis Late Spring, notre dernière recension de ses travaux, il y a trois ans), Chihei Hatakeyama renouvelle son regard en s’associant à Shun Ishiwaka, jeune batteur de jazz à la carrière déjà riche. Puisque Hatakeyama ne sait pas faire court, ni concis, cet album (cinq morceaux pour plus d’une heure) constitue le premier volet d’un diptyque (le second tome venant quelques mois plus tard) qui voit les deux Japonais croiser guitare, synthés et batterie, dans de longs titres tout à fait propice à cette forme, entre post-rock et free-jazz.

C’est ainsi que, sur chaque piste, Chihei Hatakeyama se charge de poser nappes et souffles, dans un geste introductif un peu opaque, avant que les cymbales et le jeu très libre de Shun Ishiwaka n’éclaircisse le propos. Quand accords de synthé et déliés de guitare entrent en piste, fûts et caisse claire se trouvent frappés, pour des divagations qui ne pourraient jamais s’arrêter et dans lesquelles on se plonge avec délectation. La légère saturation qui recouvre les nappes se trouve, pour sa part, pondérée par l’aspect plus lumineux des notes de six-cordes, tandis que la batterie fait le choix d’opérer par scansions libres mais ni fiévreuses, ni démonstratives.

La découpe en cinq longs morceaux (quatre supérieurs à douze minutes et un de huit) permet d’occuper les deux faces de cet album dans sa version vinyle, mais l’écoute en CD sera possiblement plus pertinente, favorisant un enchaînement sans discontinuité, idoine pour pleinement se plonger dans la musique des Japonais. Rejoints par Hatis Noit sur M4, ils offrent un tapis assez adéquat à l’intervention de leur compatriote (entre chant et vocalises), dont les digressions s’incorporent impeccablement à ce soutien instrumental. En conclusion, M7 voit apparaître un clavier, dialoguant avec la guitare, et sans la batterie, pour une proposition qui perd en singularité ce qu’elle gagne en introspection, mais qui ne dégrade en rien la qualité d’un album qui nous place fortement en attente de son second volet.

François Bousquet
le 26/07/2024

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