(Temporary Residence Ltd / Modulor)
31/05/2024
Electronique

Malgré le caractère prolifique de ses sorties et le fait qu’il gère un label (ce qui lui permet de multiplier les rencontres), Akira Kosemura n’avait pas encore, à une exception près, réalisé de disque en duo. À l’inverse, Lawrence English se montre grand familier de l’exercice, et ces pages ont pu documenter plusieurs albums créés à quatre mains autour de l’Australien. Temporary Residence accueille les deux musiciens pour ce Selene qui, sans surprise, se partage entre nappes enveloppantes et piano acoustique.
Après une ouverture sans clavier, intégralement dévolue à l’électronique prenante de Lawrence English (Crescents), le piano du Japonais apparaît, lâchant quelques notes, sans véritable recherche mélodique, venant simplement se poser sur les textures (Crater), lesquelles savent intégrer un tremblement assez émouvant (Mirroring Feldspar). Ailleurs, c’est dans un registre plus loquace qu’Akira Kosemura opère, faisant courir sa main droite sur ses touches, tandis que l’électronique se montre plus riche en souffles (Thela). Mais ce registre reste minoritaire, le duo préférant se concentrer sur des propositions atmosphériques, avec notes ou accords de piano lâchés sur les nappes.
Quelques traitements bienvenus peuvent, en outre, agir sur le clavier, travaillant la résonance de ses notes ou leur tessiture même (Tint Of Ionosphere), et finissant de constituer un long-format sans grande surprise mais joliment réalisé et exécuté.