(flau / Import)
15/05/2024
Rock

Après avoir fêté sa centième référence avec un disque de son gérant (Reveris, album d’aus chroniqué sur ces pages), le label japonais flau poursuit son travail de documentation de sa scène locale, et notamment de sa composante féminine et gracile. C’est ainsi que la structure a repéré marucoporoporo, nom d’une jeune femme proposant une musique entre ambient et acoustique, avec nappes, guitare sèche et chant à la voix douce. Cet alliage se rencontre assez fréquemment, notamment sur flau, mais il se trouve ici quelques complexités bienvenues, à l’image de l’aspect un peu spectral que prend le timbre de la chanteuse, ou les sonorités liquides qu’elle utilise en soutien (il nous est indiqué que son esthétique est guidée par les images maritimes et liées au liquide amniotique).
Comme souvent dans pareil registre, difficile de savoir si les psalmodies proposées sont constituées de véritables paroles ou bien s’il s’agit de vocalises ; l’objectif étant, naturellement, que l’auditeur accepte de s’y perdre un peu, porté par la subtile conjonction instrumentation-voix, ne sachant trop si une telle musique est destinée à accompagner son réveil ou son assoupissement.
Pour sa part, la guitare sait tisser des arpèges plus présents quand nécessaire, venant escorter un chant alors plus affirmé (As I Am). Enfin, en bonne logique, le dernier morceau de l’album (Reminiscence) déploie un imaginaire plus vaste et plus riche, avec une sorte de montée en puissance progressive, ouvrant un horizon possible pour marucoporoporo.
le 06/08/2024