du 17/05/2024 au 01/09/2024
FRAC des Pays de la Loire,
Carquefou
Avant toute chose, saluer la forme de modestie d’un artiste internationalement connu d’organiser une mini-rétrospective dans le petit espace dévolu au FRAC des Pays de la Loire sur le Quai des Antilles de Nantes, dans ce second site du fonds régional qui jouxte la HAB Galerie. Alors que Xavier Veilhan nous a plutôt habitués à des grands formats, donnés dans des lieux de prestige (on se souvient de sa présence, il y a une quinzaine d’années, au Château de Versailles) ou en majesté dans la galerie qui le représente, une telle posture est plutôt bienvenue. Pour rester dans cette même logique, le plasticien a conçu la mise en espace en lien avec Alexis Bertrand, scénographe, qui a créé, pour l’occasion, des modules en carton cloisonnant l’espace ou servant de supports aux différentes œuvres exposées. Comme on avait eu l’occasion de le constater au FRAC Centre, il y a dix ans, avec la présentation de ses maquettes, Veilhan a tout à gagner à opter pour cette forme moins grandiloquente.
Pour autant, ce sont bien deux œuvres à l’échelle 1 qui marquent et servent majoritairement à la promotion de cette exposition estivale : la moto (qui fait partie de la collection du FRAC) avec son pilote arc-bouté sur sa machine, réalisée en mousse de polyuréthane, à mi-chemin entre réalisme et cartoon, et le rhinocéros rouge (issu du Centre Pompidou, qui s’en sert régulièrement comme figure iconique) qui trône, avec sa résine brillante, au centre de l’espace. Autour de ces œuvres, peut-être trop évidentes d’approche, les séries des Mobiles et des Stabiles dialoguent intelligemment, les premiers étant assez voisins de ceux destinés à être accrochés au-dessus des berceaux d’enfants, tandis que les seconds optent pour une forme immobile, comme figés dans leurs mouvements.
Cet attrait pour l’image arrêtée trouve un écho avec La Vitrine, vitrophanie disposée sur la baie vitrée du FRAC, sorte de captation d’un rayon de soleil, Free Fall, triptyque de tableaux concoctés en papiers découpés, figurant un personnage chutant, ou avec Marey, retranscription photo d’un athlète et hommage aux travaux du physicien du même nom. D’autres êtres vivants, arrêtés pour le coup, parsèment le parcours : la petite Constance n°3, toute en chêne, se tient debout sur l’enclos du rhinocéros, pendant que neuf Pigeons, peints avec réalisme, chacun dans son cadre, accueillent le visiteur. Face à cet ensemble, la tentation est grande de faire vrombir la moto ou de faire sonner l’unique corde de l’immense guitare en hêtre accrochée au plafond, histoire d’animer un peu tous ces êtres figés.
le 07/08/2024