du 17/05/2024 au 29/09/2024
HAB Galerie,
Nantes
Avant d’aborder l’exposition de Caroline Mesquita à la HAB Galerie, évoquer un peu le Voyage à Nantes 2024, dans lequel cette présentation personnelle s’insère. Encore plus que les années précédentes, la thématique générique (« L’arbre dans la ville ») paraît infuser véritablement : impressionnant Rêve de Fitzcarraldo Place Graslin (énorme branche de bois d’Henrique Oliveira qui sort du sol et grimpe sur les escalier du Théâtre), belvédère Cours Cambronne réalisé par Nicolas Barreau et Jules Chardonnet pour admirer le Magnolia grandiflora, palmier anthropomorphe Place Royale (L’Enfant Hybridus de Jean-François Fourtou), etc… Passage Sainte-Croix, David Claerbout propose une grande vidéo (Wildfire (Meditation on Fire)), créant numériquement un feu de forêt et disposée dans le patio du lieu (ce qui permet au spectateur de ressentir, très directement, la chaleur du feu, puisque le patio est doté d’une verrière par laquelle le soleil donne généreusement). Enfin, le tétraptyque L’Évasion de Cyril Pedrosa se veut aussi poétique que politique, avec ces Cariatides qui descendent progressivement de quatre fontaines Wallace, dispersées dans le centre-ville, émancipées et remplacées par des branches d’arbres.
Le travail de Caroline Mesquita nous est bien connu, puisque cela fait plus de dix ans que ces pages la suivent, singulièrement au sein de la Fondation Ricard, entre exposition individuelle et participations aux éditions du Prix annuel du lieu parisien (dont elle fut lauréate en 2017). Ces compositions en acier, figurant des personnages isolés ou en situation narrative, ou des objets (ces quatre motos présentées en 2017), forment un style et un geste qu’on retrouve largement dans la HAB Galerie. Intitulée du nom de la formule chimique du vert-de-gris, la monographie nantaise fait se côtoyer humains et animaux, dans des postures droites, plus proches du portrait en pied que de la mise en situation. Le laiton patiné étant très majoritairement utilisé comme matériau de départ, et les couleurs restant dans des tonalités un peu éteintes (bronze, vert-de-gris), il en ressort une impression d’exposition d’art brut, ou de déambulation dans un espace semi-industriel, sentiment plutôt cohérent avec le lieu, aux murs en brique grattée, sol de béton brut et plafond aux chemins de câbles apparents.
Au-delà de l’aspect technique (dont le parcours nous réserve une sorte de « regard en coulisse » avec la possibilité d’entrer dans un espace central aux allures d’atelier d’artiste), une forme d’humour ou d’ironie peut aussi poindre chez la Française, lorsqu’elle juxtapose son Grand Perroquet (sculpture à l’échelle 1) et Miroir (plaque de laiton qui représente le portrait dudit perroquet), donnant l’illusion que l’oiseau se mire dans une glace. Arpentant ce large bestiaire, le visiteur doit prendre garde à ne pas marcher sur des éclaboussures (disques en laiton doré) provenant des robinets disposés çà et là, et se trouve invité à quelques contorsions pour consulter des petites vidéos en stop motion, à la fois rudimentaires et travaillées, soit un bon résumé du propos de Caroline Mesquita.
le 02/09/2024