(Tonal Union / Import)
31/05/2024
Jazz

Membre éphémère de Piano Magic (au moment du bel EP The Fun Of The Century, en 1997-1998), Ezra Feinberg avait laissé Glen Johnson et les autres musiciens en Angleterre pour retourner dans ses États-Unis natals, et participer à d’autres formations. Une vingtaine d’années plus tard, le New-Yorkais a commencé à livrer des disques solo, dont ce Soft Power, troisième effort individuel pour lequel plusieurs musiciens hautement appréciés de ces pages (Mary Lattimore, Jefre Cantu-Ledesma) et d’autres non encore croisés ici, ont collaboré avec lui.
Assez tendres, ses sept instrumentaux se distinguent par leur longueur (plus de cinq minutes en moyenne) et la présence de guitare acoustique jouée en finger-picking, flûte et harpe, autant d’instruments capables d’offrir des lignes mélodiques caressantes et légères, juste tenues par un synthé chargé des basses ou des notes graves de guitare électrique. Évoluant dans une sorte de jazz psychédélico-acoustique, Ezra Feinberg propose un ensemble aux atours printaniers, mais sans mièvrerie, à l’image du dialogue accords de guitare pincés-vibraphone sur Flutter Intensity ou de celui entre les arpèges de six-cordes et les notes de harpe sur Get Some Rest.
Même quand les synthés modulaire et granulaire de Jefre Cantu-Ledesma interviennent sur Pose Beams, ils se fondent dans cette tonalité, accompagnant délicatement le piano de Robbie Lee, la batterie (frappée aux balais) de John Tayer ou les matériaux de Feinberg. S’il s’égare un peu sur le rythmé The Big Clock, avec sa cadence métronomique et une certaine lourdeur, Ezra Feinberg sait vite retourner vers des rivages moins balisés, telles ces formes d’improvisation qui balaient There Was Somebody There, l’une des très belles propositions de ce fort intéressant album.
le 12/08/2024