(Planet Mu / Bigwax Distribution)
14/06/2024
Electronique

À l’instar d’autres artistes phares de la scène IDM anglaise des années 1990 et 2000, µ-Ziq nous paraît extrêmement familier, alors même qu’un seul de ses disques et un seul de ses concerts ont été chroniqués sur ces pages. Ayant donné l’impression d’être toujours là, avec son electronica fragmentée, ses pulsations appuyées et ses breaks, le Britannique livre des albums qu’on n’est même pas certain d’avoir écouté, se disant qu’il n’y a aucune surprise à en attendre. Mais l’été s’avère typiquement le moment pour bousculer un peu ces (stupides) certitudes et se confronter à ce Grush, publié juste en amont de cette saison et annoncé comme constitué de pistes déjà testées en concert.
Et, de fait, on est assez frappé par l’efficacité des morceaux de l’album, leur immédiateté mélodique, leur tempo élevé et leur capacité à mettre en avant la batterie jouée par Mike Paradinas lui-même (Magic Pony Ride (Pt.4), Raver). Le geste de µ-Ziq n’a pas forcément beaucoup évoluer avec le temps, mais il le maîtrise suffisamment, et il dispose de la légitimité nécessaire, pour se permettre de creuser ce même sillon, avec quelques variations cependant, telle cette basse plus appuyée et plus grésillante (Reticulum B), cette ligne mélodique plus bouillonnante (Imperial Crescent) ou bien celle plus aquatique (le morceau-titre), ou encore cette coloration un peu funk sur Metaphonk.
Pour ses basiques, l’Anglais continue à se montrer maître dans l’art de faire claquer quelques sonorités, d’intégrer des mini-cris, façon interjections pulsatives (Belvedere), quelques mesures de piano (Windsor Safari Park) ou bien une ligne mélodique plus légère, contrebalancée par les roulements rythmiques (Reticulum C). La limite de cette technicité contrôlée, c’est que lorsque le tempo s’abaisse un peu, le propos paraît très quelconque (Hastings), mais cela reste très largement isolé sur ce disque vivifiant et tonique.
le 03/09/2024