Kate Carr

Midsummer, London

(Persistence Of Sound / Import)

 date de sortie

20/06/2024

 genre

Electronique

 style

Ambient / Field Recordings

 appréciation

 tags

Ambient / Field Recordings / Kate Carr / Persistence Of Sound

 liens

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Le travail de field recordings conduit souvent à un résultat sur disque qui tient largement du documentaire, destiné à retracer un voyage ou des impressions ressenties par l’artiste. Avec Midsummer, London, Kate Carr pousse cet exercice à son maximum puisqu’il s’agit, sur seize titres, de retracer un voyage d’ouest en est, sur la Tamise, lors de la journée la plus longue de l’année (le 21 juin, 2023 en l’espèce). Avec ses longs intitulés descriptifs, l’Australienne nous donne à imaginer, dès leur lecture, ce qu’ont pu être les différents rencontres et lieux, pensés dans une continuité que l’absence de silence entre chaque morceau renforce.

Ce travail de post-production, réalisé rapidement car elle s’était donné pour ambition de faire paraître cet album tout juste un an après ces captations, l’amène à mettre en exergue l’aspect liquide et les bruits d’eau résultant des conditions de son parcours de la capitale britannique. Ainsi, même lorsque la musicienne retranscrit des travaux de voirie, la granulosité des sons se trouve embarquée dans une fluidité certaine (Roadworks In Shepperton), créant un tapis qu’on retrouve globalement tout au long du disque, telle une note tenue.

Le fait d’avoir enregistré lors de la plus longue journée de l’année invite également Kate Carr à conférer une belle luminosité à plusieurs morceaux, à l’image d’I Met A Dog In Hampton Who Lived On A Boat Near A Gravel Recycling Plant ou de la fin de Crossing The River : I Am Getting Hungry And Lots Of People Are Talking About Food. Also Jesus Loves Me. Cet intitulé permet aussi de constater que ce registre du field recordings amène Kate Carr à s’impliquer personnellement, dans une forme de journal intime sonore, retranscrivant ses propres sensations, dans un geste assez inclusif vis-à-vis de son auditoire. Enfin, autre fil rouge du disque, les cris d’animaux sont assez fréquents (aboiements de chiens, pépiements d’oiseaux, échos d’un cygne secouru), nouveau témoignage de l’attachement de Kate Carr au monde qui l’entoure.

François Bousquet
le 05/09/2024

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