Emmanuelle Parrenin / Shane Aspegren, Nicolas Laureau, Jérôme Lorichon & Quentin Rollet / Étienne Jaumet

 date du concert

29/08/2024

 salle

Marbrerie,
Montreuil

 tags

Étienne Jaumet / Jérôme Lorichon / Marbrerie / Quentin Rollet / Shane Aspegren

 liens

Étienne Jaumet
Quentin Rollet
Marbrerie

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Outre leurs activités en tant que musiciens et gérants du label Prohibited Records, les frères Laureau programment, depuis quelques années, des concerts à Pantin, en appartement ou en tiers-lieu. S’y sont produits, le dimanche après-midi, des artistes proches du label et des accointances musicales qu’il défend : Dominique Petitgand, Domotic, Thomas Méry, Jérôme Lorichon, Don Nino, Vincent Epplay, Colin Johnco, Quentin Rollet, Herz Chain, Lisa Li-Lund, Erik Minkkinen ou King Q4, autant de noms suivis sur ces pages depuis nos débuts et bien représentatifs de cette esthétique entre électronique et expérimentation free. Juste avant la rentrée des classes, dans une période traditionnellement plutôt creuse, kOOL BIRDS (le nom de cette série de concerts) a changé de ville de Seine-Saint-Denis pour investir la Marbrerie, avec la volonté de composer un plateau plus large, et qui vit une petite centaine de personnes faire le déplacement à Montreuil.

Emmanuelle Parrenin

Familière de kOOL BIRDS (comme à peu près tous les musiciens présents ce jeudi soir), Emmanuelle Parrenin oscille entre musique expérimentale et chanson depuis ses débuts dans les années 1970. Connaissant, ces derniers temps, un retour en considération, elle était, ce soir, armée de sa vielle à roue et entourée de Quentin Rollet et Jérôme Lorichon. Quand la musicienne donnait des textes poético-narratifs, chantés pas toujours très juste, le propos n’était guère intéressant, même dans son Plume Banche Plume Noire, interprété avec des arpèges de guitare acoustique en finger-picking samplés. En revanche, le trio se montrait beaucoup plus convaincant lorsqu’il partait dans de longs instrumentaux, avec solo de saxophone alto ou envolées de saxophone soprane de Rollet et boucles de Moog de Lorichon. La vielle à roue offrait, alors, des interventions lancinantes, aux sonorités proches de la musique arabo-andalouse. Des percussions diverses étaient également utilisées par Parrenin et ce dernier (clochettes, maracas, bol en étain), cadrant bien avec un ensemble à la fois bricolé et mystique.

Shane Aspegren, Nicolas Laureau, Jérôme Lorichon & Quentin Rollet

Deux ans après avoir publié un album en commun, le quatuor Shane Aspegren, Nicolas Laureau, Jérôme Lorichon et Quentin Rollet en offrit une traduction scénique d’une demi-heure, durée possiblement trop ramassée eu égard aux potentialités de cette formation. Les parties mélodiques se trouvaient assurées par Nicolas Laureau, assis par terre, en tailleur, avec son sitar, ou par le saxophone alto de Quentin Rollet. En soutien, la batterie de Shane Aspegren et les synthés modulaires de Jérôme Lorichon posaient frappes, nappes et textures, propres à constituer des propositions un peu facilement psyché-hindouiste par endroits, mais diablement prenantes dans leurs déliés et improvisations. Pour enrichir la palette musicale, on pouvait aussi trouver le travail net et atonal de Rollet (tapotements de ses mécaniques, corps de son instrument heurté par un bottleneck), relayé par le jeu d’Aspegren sur sa caisse claire détimbrée ou sur une cymbale tenue à la main, jouée à la mailloche et étouffée. Pour le dernier morceau, le quatuor fut rejoint par Emmanuelle Parrenin, placée au centre de la scène avec sa vielle à roue, et qui parvint sans peine à s’introduire dans ce registre.

Étienne Jaumet

Étienne Jaumet était chargé de clore la soirée, pour une présentation de son projet Echoes, donné avec Nicolas Villebrun, et dont l’ambition est de reprendre des chansons de Manuel Göttsching. Comme lorsqu’il avait été recensé sur ces pages (pour un concert aux Siestes Électroniques toulousaines en 2009), le choix de la réactivation ne nous a pas vraiment convaincus, conduisant à une musique un peu boursouflée, avec de grosses basses et des sons datés (qu’ils vinrent du saxophone alto, des synthés ou de la guitare électrique de son comparse). Si les morceaux se montraient plutôt entraînants avec leurs rythmiques, ils firent aussi preuve de facilités dans leur expression et leur volonté de mêler colorations kraut et électronique pure.

François Bousquet
le 04/09/2024

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