Céleste Gatier & Leandro Barzabal / Thomas Tilly

 date du concert

13/09/2024

 salle

Instants Chavirés,
Montreuil

 tags

Instants Chavirés / Thomas Tilly / Tô

 liens

Instants Chavirés

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Pour débuter la saison 2024-2025, les Instants Chavirés organisaient un week-end intitulé Outre_Sons, avec concerts et performances pendant ces trois jours de mi-septembre. Fidèles à Thomas Tilly, c’est la première soirée que nous avions cochée, manière de reprendre, en terrain connu, les concerts en cette rentrée. Placé au centre de la salle, assis derrière sa table sur laquelle laptop et machines étaient disposés, le grand Français lança un souffle tout d’abord imperceptible avant d’enfler et de se voir rejoint par des frémissements et tapotements. Avec sa belle capacité à mélanger sons électroacoustiques et matériaux purement électroniques, Thomas Tilly pouvait faire paraître des crépitements pour le bruit fait par une poêle à frire, ou des particules sonores pour celui d’un avion qui passe.

Donnant moins l’impression d’incorporer des field recordings que précédemment, le musicien renforça le volume de ses composantes, dans des poussées et déchirements emphatiques, constitutifs d’une construction un peu prévisible, avec sa montée en puissance, puis sa redescente. En parallèle, les fréquences utilisées pouvaient se montrer très aigues, presque malaisantes par moments, mais elles contribuaient à forger un ensemble d’une quarantaine de minutes qui prit aisément possession de tout l’espace, plutôt bien rempli pour cette soirée de reprise.

Céleste Gatier & Leandro Barzabal

Habitués des scènes franciliennes, Céleste Gatier et Leandro Barzabal n’avaient pas encore fait l’objet de chroniques sur nos pages, que ce soit en solo ou avec ce duo, adepte d’un mélange entre musique et semi-performance. Possiblement un peu binaire dans sa mise en scène (elle tout en blanc - gilet, haut, pantalon - et lui tout en noir, jusqu’aux gants de cuir enfilés au début du set), le duo posa, depuis la scène, des petites triturations, réalisées aux machines ou en réglant les potentiomètres d’une guitare électrique couchée sur la table. Saturations, déflagrations et bruits stridents furent produits, entraînant les différentes paires d’oreilles du public à être calfeutrées de mains ou de bouchons, et travaillant la matière sonore comme quelque chose qu’il s’agissait de malaxer et de travailler en poussant l’expérimentation assez loin.

Se levant, Céleste Gatier tapa, avec une longue mailloche, sur une percussion semblable à une coque de noix de coco retournée. De plus en plus rapides, ses frappes, conjuguées aux interventions de Leandro Barzabal permirent de constituer quelque chose de plus dense qui, à force, devint même très abrasif. Se saisissant d’un fil de fer, l’Argentin le gratta contre les cordes de sa guitare, pour générer des arcs électriques tout à fait cohérents avec le reste d’une proposition conclue par des applaudissements qu’il sampla en direct, afin de leur donner davantage d’écho et de durée.

François Bousquet
le 16/09/2024

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