(Hallow Ground / Import)
06/09/2024
Electronique

Découverte, pour notre part, à l’occasion de son arrivée sur Hallow Ground, c’est à nouveau sur le label suisse qu’on retrouve Miki Yui, pour un album annoncé comme composé après avoir traversé la forêt amazonienne, près de Manaus au Brésil. Et, de fait, dès l’ouverture de l’album, on est frappé par l’atmosphère mise en place par la Japonaise, avec ses bruissements semblables à des pépiements d’oiseaux, ses tapotements qu’on pourrait prendre pour des gouttes de pluie, la réverbération qui donne une ampleur et à un écho à l’ensemble, bref toute une ambiance sylvestre diablement bien retranscrite.
Cette inclinaison donne au travail de Miki Yui une profondeur et une humanité qu’on n’avait pas forcément décelées jusqu’alors. La lecture de tous les matériaux à cette aune est, par suite assez tentante (des sifflements passent pour des interventions animales, des gargouillis figurent un cours d’eau, des frottements deviennent des pas sur des feuilles mortes, des pointes acérées s’apparentent au bruit des lucioles, etc…) d’autant plus qu’il ne semble pas que la Japonaise ait eu recours à des field recordings.
Sa maîtrise du synthétiseur modulaire la conduit à générer ces différents sons, comme de livrer des pistes plus ouvertement électroniques (telles Generativ et sa petite mélodie aiguë et tournoyante, ou DoubleHalf 24 et sa granulosité), propositions qui permettent, en outre, de varier les registres et de renouveler l’écoute. Au total, cette diversité et cette ouverture vers l’extérieur amènent Miki Yui à offrir quelque chose de moins minimal et chétif que par le passé, sans pour autant renier sa capacité à jouer sur la stéréo et sur la qualité de ses composants.
le 01/10/2024