A Hawk And A Hacksaw

 date du concert

09/10/2024

 salle

Galeria Zé Dos Bois,
Lisbonne

 tags

A Hawk and a Hacksaw / Galeria Zé Dos Bois

 liens

Galeria Zé Dos Bois

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Il y a une vingtaine d’années, A Hawk And A Hacksaw était signé sur Leaf et donnait des concerts dans des festivals pointus (Textile, Siestes Électroniques) dont ces pages ont pu, alors, rendre compte. Dorénavant, c’est sur son propre label que le duo étatsunien publie ses disques et ses tournées européennes ne s’arrêtent plus en France. C’est donc à Lisbonne, dans la Galerie Zé Dos Bois, principal lieu alternatif de la capitale portugaise, qu’on retrouva les musiciens du Nouveau-Mexique. Situé au cœur du Barrio Alto, composé d’une librairie au rez-de-chaussée, d’un patio attenant à la salle de concert au premier étage, de salles d’exposition au deuxième étage, et d’un rooftop, le lieu est une escale récurrente des musiciens correspondant à notre ligne éditoriale, qui en apprécient l’atmosphère et la curiosité du public.

Bernardo Vinagre

En ouverture de soirée, un guitariste local était programmé, invité à donner une demi-heure face à une cinquantaine de personnes. Tout de noir vêtu (souliers vernis compris), dans une posture habituelle des fadistas lisboètes, Bernardo Vinagre livra, avec sa six-cordes, l’intégralité de son récent EP, ainsi qu’un morceau traditionnel. Fabriquée avec un ami, sa guitare électrique présentait un format très anguleux, comme échappée d’un groupe de métal, soit quelque chose placé complètement à l’opposé de sa musique, tout en arpèges et cordes pincées, servie de manière très appliquée. Tout au long d’un set qui aurait possiblement gagné à enchainer les titres, le Portugais posa de la réverbération sur son instrument, voire du delay de temps à autre, lancé en actionnant ses pédales, pour un résultat plus convaincant.

Vers 22 heures, place à A Hawk And A Hacksaw, avec Jeremy Barnes assis derrière son dulcimer et Heather Trost debout, côté jardin, au violon et chant. Par rapport aux prestations données au début des années 2000, avec le seul Barnes présent sur scène, on se trouva aux prises avec un registre très nettement tourné vers l’Europe de l’est ou des Balkans : longs morceaux, jouant sur le jeu rapide et la répétition, tonalités klezmer assumées, etc… Un traditionnel grec fut même repris par le duo, qui, quand Jeremy Barnes passa à l’accordéon, put aussi offrir le titre écrit pour la bande-originale d’un film de Peter Strickland.

A Hawk And A Hacksaw

Officiant principalement à l’archet, Heather Trost put aussi, sur l’avant-dernier morceau du concert, « jouer » de son violon en tirant un morceau de corde, tout en gardant les doigts de sa main gauche appuyés sur celle-ci. En parallèle, Barnes laissa son accordéon de côté pour passer un tom autour de lui, et en jouer avec une mailloche d’un côté et une fine baguette de l’autre, manière de frapper son instrument suivant deux fréquences différentes, l’une plutôt ronde et l’autre beaucoup plus aiguë. La conjonction du violon et d’un autre instrument conduisit A Hawk And A Hacksaw à interpréter des morceaux à la durée étirée, et au schéma très itératif. Même si cela fait assurément partie du concept (la recherche du nécessaire abandon de l’auditeur face à la musique), on éprouva toutefois quelques difficultés à vraiment goûter l’intégralité de cette heure de concert.

François Bousquet
le 14/10/2024

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