Bistro Boy

Ambient Short Stories

(Möller Records / Internet)

 date de sortie

09/09/2024

 genre

Electronique

 style

Electronica

 appréciation

 tags

Electronica / Möller Records

 liens

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Un peu trompeur, le titre de cet album de Bistro Boy, musicien islandais qu’on découvre à l’occasion de ce septième long-format, laisse imaginer de courtes pièces ambient. « Courts », les onze morceaux de cet effort le sont légèrement (trois minutes et trente secondes de moyenne), tandis qu’« ambient » ne nous semble pas forcément le qualificatif le plus approprié. En effet, si les contributions purement électroniques pourraient ressortir de cette catégorie (nappes, field recordings, rares rythmiques), la présence d’instruments réels vient conférer une profondeur et une coloration qui permet aux compositions de Frosti Jonsson de dépasser ce simple cadre.

Saxophoniste aguerri, l’Islandais convoque, ainsi, cet instrument sur chaque morceau ou presque, écrit à partir d’improvisations sur celui-ci, et auquel il a adjoint, par la suite, des matériaux synthétiques. La conjonction entre l’aspect à la fois aérien et intense du saxophone (ou de la trompette de Gasper Selko sur Come Slow You Breeze), d’une part, et la finesse presqu’acérée de certaines composantes électroniques conduit à un résultat très intéressant, même sur des pièces inférieures à trois minutes (Up These Hills). Au reste, la capacité du musicien à se faire tout de suite pertinent, sans véritable phase de mise en place, est à relever.

Plus classiquement, la présence simultanée de ces deux types de sources musicales invite Bistro Boy à un jeu sur le chaud et froid : au saxophone des partitions élégiaques, suspendues et enveloppantes ; à l’électronique des lignes fines, ténues, digitales voire robotiques (Little Streams). Afin de ne pas se cantonner à cette juxtaposition, aussi convaincante puisse-t-elle être, Frosti Jonsson peut aussi livrer une proposition purement électronique, avec souffles appuyés et mélodies (Tails Of The Wind), belle respiration de milieu d’album, ou bien faire appel, en sus du saxophone, à une guitare digitalisée (Cicadas). Témoins de la palette d’action de l’Islandais, ces morceaux se montrent bien plus concluants que le purement ambient Into Silence, trop plat et monocorde. Comme quoi, Bistro Boy a bien fait de ne pas se contraindre au titre de son album…

François Bousquet
le 15/10/2024