31/10/2024
Instants Chavirés,
Montreuil
Habitué des Instants Chavirés (il s’y rend presque chaque année), Anthony Pateras y revenait pour donner un double concert, dans deux configurations différentes, au cœur d’une tournée européenne de 25 dates saluant ses 25 ans de carrière. La salle de Montreuil, pour sa part, annonçait que l’Australien fêtait, avec cette prestation, les 20 ans de son premier concert parisien, ce qui constituait une petite approximation puisque, et ces pages peuvent en témoigner, la première venue dans la capitale de Pateras eut lieu en avril 2003, pour un set commun (et très bon, au demeurant) avec Robin Fox, donné à Confluences pour une soirée dédiée au label Synaesthesia.
Parvenue aux Instants Chavirés après s’être frayée un chemin entre les groupes d’enfants et de jeunes déguisés pour Halloween, la quarantaine de personnes présente assista, en premier lieu, à une prestation au piano d’Anthony Pateras. Assis derrière le piano à queue des lieux, disposé en majesté sur scène, l’Australien enchaîna les montées de gamme partant, après des premières octaves jouées dans les aigus, de plus en plus grave pour arriver toujours dans les notes très aigues. Rejoignant progressivement les mediums, c’est seulement quand il alla chercher les graves qu’il put y rester et travailler aussi à la pédale, pour la mise en place de continuums façon bourdon, assez enveloppants.
La prestation s’orientait donc vers la musique contemporaine et le travail sériel, avec ce même geste régulier de la main droite qui se faufilait sous la main gauche. Pour autant, elle se montra un peu lassante au total (bien que long d’une petite trentaine de minutes) et témoigna, sous la très grande maîtrise d’ensemble, d’un aspect un peu démonstratif, notamment quand Pateras accélérait soudainement son jeu.
Le temps d’ôter les chaises disposées en rangs serrés dans la salle, et d’installer un tréteau et une planche avec machines et clavier, et l’Australien put livrer sa seconde petite demi-heure de concert. Placé au centre de l’espace, devant six enceintes surélevées, il put mélanger rythmiques faites de mélange entre sons mats et secs, et de tonalités aux contours plus timbrés, et éléments opérant dans un registre électroacoustique, avec glitchs et poussées sonores. La présence continue des rythmiques et le lancement au clavier-séquenceur des autres matériaux permirent d’offrir des propositions tout à fait convaincantes qui, au surplus, jouaient habilement avec le dispositif de diffusion, dans un exercice d’appariement rythmique-enceinte (à chaque enceinte sa rythmique). À la veille des trois jours de concerts prévus pour les 20 ans de Présences Électronique, on y vit même une certaine préfiguration.
le 04/11/2024