02/11/2024
Maison de la Radio et de la Musique,
Paris
Festival Présences Électronique 20 ans / INA / GRM / Maison de la Radio et de la Musique / Michèle Bokanowski / Robert Hampson
Afin de retrouver un schéma habituel pour Présences Électronique, le premier plateau du samedi débuta par une pièce de répertoire, diffusée, dans l’auditorium de la Maison de la Radio et de la Musique, par François J. Bonnet. Composée en 1973, Arthésis permit de saluer la figure d’Éliane Radigue, avant de poursuivre avec une autre diffusion, toujours assurée par le dirigeant du GRM. Écrite cette année par Jim O’Rourke, 8 Views of a Secret dévoila quelques rythmiques un peu bouillonnantes, mélangées à des matières mélodiques et montées chromatiques au synthé. Très convaincante, cette création de l’Étatsunien bénéficiait, comme de juste eu égard aux conditions de diffusion, d’une très bonne spatialisation et de lumières zénithales qui sculptaient les enceintes, découpant au sol leurs ombres portées, dont celles des toujours aussi intrigants haut-parleurs à plusieurs bras.
Autre composition de 2024, commandée par le GRM, Corpuscles se voulait, selon Robert Hampson poursuivre son travail sur la science et les particules. Avec son onirisme certain, sa luminosité luxuriante et ses sons zoomorphiques, cette petite vingtaine de minutes nous parut plutôt orientée vers le vivant, nonobstant ses glitchs, souffles et fragments sonores. Donnée depuis la console par l’Anglais, position qui lui permet, là encore, d’habilement jouer sur la mise en espace, cette pièce confirma ses talents, sous son nom propre comme avec Main ou Loop.
Dernière courte intervention du plateau, toujours interprétée depuis la console, Rhapsodia vit l’auditorium basculer dans des lumières carmin, destinées à sublimer les huit sphères rouges iconiques de l’acousmonium. Constituée de trois parties (deux mouvements et un interlude), cette création de Michèle Bokanowski aurait possiblement méritée d’être pleinement enchaînée, afin de mieux profiter de ces rythmiques roulantes, soutenant des nappes et développements mélodiques, et de parfaitement goûter cette intéressante progression, qui emmena le public jusqu’à une forme d’épiphanie musicale. À juste titre, la Française fut, au reste, la plus saluée du plateau.
le 06/11/2024