03/11/2024
Maison de la Radio et de la Musique,
Paris
Festival Présences Électronique 20 ans / Hrvatski / INA / GRM / Keith Fullerton Whitman / Maison de la Radio et de la Musique
Comme la veille, le plateau post-méridien de ces 20 ans de Présences Électronique se déroula à l’Auditorium, théâtre d’une succession de prestations données depuis la console, par des artistes invités à tirer parti de l’acousmonium, mais aussi de ce qui est présent en permanence sur place. En ouverture, Jessica Ekomane donna Manifolds, pièce d’une petite vingtaine de minutes débutant de manière très riche, avec saturations diverses et éclats venant de tout autour du public, avant de s’apaiser dans son dernier mouvement.
Un peu comme Giuseppe Ielasi la veille, mais de manière moins brillante, Keith Fullerton Whitman vint au festival pour y rendre compte de son travail sur la durée, avec une nouvelle interprétation de Playthroughs, développement de son album de 2002. Son ambient avec accords et nappes aux accents d’orgue profita d’une bonne prise en main de l’acousmonium, même avec un propos plus centré et moins tournoyant que celui de Jessica Ekomane, à la fois dans les matériaux utilisés que dans la manière de les diffuser. Une légère luminosité, proche du scintillement sur certaines textures, poignit, en lien avec quelques bouillonnements posés en surface. Des accords plus appuyés apparurent ensuite, presque grandiloquents, pour une livraison peut-être un peu trop longue au total.
Très attendue par les spectateurs (quelques fans de métal s’étaient même glissés dans le public, comme à chaque fois que Stephen O’Malley, ou un des artistes qui lui sont connectés, se produisent sur scène), Kali Malone bénéficia à plein de l’Auditorium, et notamment du grand orgue disposé en son fond, bien qu’étant, elle-même, assise derrière la console. Éclairé en majesté, l’orgue livra une basse, tel un bourdon, puis des souffles atonaux, pendant que quelques petits crépitements affleuraient et que des ronflements souterrains opéraient. Alors qu’une solennité certaine sourdait de l’ensemble donné par l’Étatsunienne (et pourtant, l’heure de la messe dominicale était dépassée), des notes appuyées apparurent sous les accords, afin d’emplir davantage l’espace sonore, au service d’une puissance globale indéniable. Living Torch se termina alors dans un final beaucoup plus démonstratif, mais néanmoins captivant, voire vertigineux.
le 12/11/2024