(LL Edizioni / Import)
27/09/2024
Electronique

Très sollicité pour des participations à des projets scéniques (bande-son de plusieurs spectacles dont un récent Macbeth ou des propositions de Romeo Castelluci) ou illustrer musicalement des installations plastiques ou performances, Nicola Ratti en a tiré une volonté de mettre en œuvre une forme de geste artistique plus complet pour son nouvel album. C’est ainsi que sont utilisées des boucles issues de programmations automatiques de synthé modulaire, et sources provenant de pianos acoustique et numérique, pour constituer les huit morceaux de ce disque, première référence de LL Edizioni, plateforme artistique milanaise aux ambitions également assez larges.
Il en résulte des livraisons peu chargées, mais avec des matériaux assez divers, un peu disparates voire posés sans véritable agencement, passant d’une piste dans laquelle les tapotements divers sont mis en avant (II) à une autre où une pulsation régulière et arrondie soutient à des accords de piano et quelques percussions sèches (III). Plus loin, et dans une veine voisine, des battements métronomiques servent d’appui à des bribes mélodiques d’un clavier numérique (V), tandis que les interventions du synthé modulaire peuvent, ailleurs, apparaître comme lâchées de manière débridée (VI).
C’est, possiblement, dans le registre moins ascétique de III et V que Nicola Ratti se fait le plus pertinent, bien qu’encore une fois, on ait l’impression d’être face à quelqu’un qui a enregistré ce qui lui tombait sous la main, sans forcément penser la chose de manière plus cohérente. Une piste comme VII le démontre bien : une sorte de goutte-à-goutte rythmique côtoie deux lignes sonores aux consonances de vieux klaxon, dans un tête-à-queue, certes expérimental, mais un peu creux.
le 19/11/2024