Barbara Crane

 date

du 11/09/2024 au 06/01/2025

 salle

Centre Pompidou,
Paris

 appréciation
 tags

Barbara Crane / Centre Pompidou

 liens

Centre Pompidou

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En accès libre, un peu à l’écart des flux qui se dirigent massivement vers les galeries du 6e étage, la galerie de photographies du Centre Pompidou, située au sous-sol du bâtiment, est souvent le lieu idoine pour proposer des découvertes ou des propositions un peu aventureuses. Avec une rétrospective assez large, tirant profit de l’entrée récente de plusieurs de ses œuvres dans la collection du Musée national d’art moderne, Barbara Crane y trouve, cinq ans après son décès, un terrain pour une bonne reconnaissance.

Sans Titre extrait des Neon Series
(courtesy Barbara B. Crane Trust)

À l’ambition de l’États-unienne de travailler le geste photographique en soi, l’exposition, pensée par Julie Jones, répond par un accrochage par séries, montrant l’évolution de son travail, et notamment ces moments où l’exercice technique prend le dessus, avec recherche formelle et capacité de création. Ainsi trouve-t-on des images superposées, après avoir exposé à deux reprises le même film dans l’appareil (Neon Series, dans laquelle les tubes lumineux viennent en surimpression sur des personnes dont les lunettes de soleil semblent, précisément, destinées à protéger les yeux des néons), des négatifs mis à l’envers, des cadrages peu intuitifs, etc… Au soutien de ces épreuves, les différents cartels se complaisent un peu dans le descriptif technique, avec précision systématique de la taille de la chambre utilisée, du type de pied, du type de film ou du type de papier d’impression.

Sans Titre extrait des Loops Series
(courtesy Barbara B. Crane Trust)

Alors que le passage aux années 1980 s’accompagne d’un virage vers l’étrange et l’expérimentation, doublé d’une utilisation de la couleur, souvent criarde et, par suite, moins convaincante, on préfèrera retourner vers les séries de la décennie précédente, et singulièrement de celles réalisées dans sa ville de Chicago. Les Loop Series, avec leurs vues serrées d’immeubles de Chicago, concentrées sur les lignes des façades, ou l’alignement des vitrages, enthousiasment, à ce titre, d’autant plus qu’elles sont présentées en série, et rangées côte à côte, disposition intelligemment tautologique avec leur sujet. De même, les Repeats Series, avec négatifs mis à l’envers et inspirations musicales dans le jeu sur les ondes et spectres, marquent une vraie personnalité.

François Bousquet
le 06/12/2024

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