26/11/2024
Nautes,
Paris
Suivi au tournant des années 2010, Oldine avait progressivement laissé place, sur ces pages en tout cas, à Drone À Clochettes, projet en duo du même Thomas Robyn. Pour autant, son travail en solo n’était pas abandonné, comme en témoignent quelques morceaux publiés numériquement, ou bien ce concert, programmé par En Veux-Tu ? En V’là sous la traditionnelle boule à facettes des Nautes.
Face à une bonne vingtaine de personnes (public qui doubla, au fur et à mesure de la soirée), Thomas Robyn débuta, debout avec sa guitare électrique, par quelques arpèges d’un accord mineur, ouverture d’une série de morceaux dans lesquels il parcourut un bon éventail des possibilités offertes par cet instrument : cordes pincées en open tuning, accord donné en fondu en entrée obtenu en tournant le potentiomètre de la guitare, etc… Certes délicates, ces variations manquaient possiblement de consistance, d’un arrière-plan (nappes, souffles ou field recordings) sur lequel se détacherait la six-cordes réverbérée.
Précisément, après cinq ou six morceaux, entra une batterie régulière, lancée depuis l’une des trois pédales, à laquelle furent raccrochées des lignes de guitare, puis des accords grattés saturés, pour un résultat très convaincant. Après une nouvelle série de propositions plus dépouillées, Oldine termina sa quarantaine de minutes de concert par un autre titre manifestant une même volonté de construire quelque chose, avec un empilement de zébrures saturées, résonances d’accords (obtenus par des frappes sur le manche), bruits des doigts changeant de position sur le manche, sifflements détimbrés faits directement par le Français dans les micros de son instrument. Comme souvent, notre enthousiasme face à ces deux longs morceaux résultait certainement à la fois de ces titres en eux-mêmes, mais aussi de leur présence, en creux, à côté des autres moins opulents ; comme si, pour que ceux deux-là se détachent, il fallait en passer par les autres.
Installés de manière un peu serrée sur les deux tapis posés au sol, les trois membres de Binidu prirent la suite, avec leur alliage guitares, synthés modulaires et percussions. Chargé de ces dernières, Jean-Baptiste Geoffroy (qu’on connait en tant que Tachycardie ou moitié d’United Color Of Black Metal) alterna travail aux machines, lançant basses et rythmiques, et frappes sur une caisse claire détimbrée ou un charleston fermé. Volontiers généreux dans ses battements, propre alors à créer quelque chose d’assez prenant, il éprouva néanmoins des difficultés à voir son tempo suivi par la guitare acoustique amplifiée de Vincent Dupas quand ses triolets de charleston s’emballaient. Officiant au chant également, ce dernier emmenait le groupe vers une sorte de néo-folk travaillé un peu trop répétitif, et trop marqué dans son esthétique « lofi bricolée », soulignée par les craquèlements et triturations issus de la guitare électrique de Jérôme Vassereau traitée par son synthé modulaire.
le 02/12/2024